Le vendredi dernier sous les coups de 19h, des gangsters ont saccagé deux banques à Dantokpa, le marché international de Cotonou. Il s’agit de Diamond Bank et de Ecobank. Au delà des pertes en vies humaines qu’on déplore, c’est le dispositif sécuritaire du Bénin qui est mis à mal. En effet, c’est pour la deuxième consécutive que ces hors-la-loi, viennent prendre d’assaut les banques du marché Dantokpa sans être inquiétés par les policiers et les militaires béninois pourtant présents sur les lieux. Le béninois lambda se demande comment est-ce possible que des bandits puissent traverser à barque le lac Nokoué et arriver à opérer à Dantokpa sans qu’une riposte cinglante et adéquate leur soit réservée. Comment peuvent-ils traverser le nouveau pont en tirant dans tous les sens sans être appréhendés par les forces de l’ordre qui sont pourtant basées dans le marché. Ce vol sophistiqué est inquiétant à maintes égards. D’abord, la porosité des frontières terrestres et maritimes, ensuite la défaillance des services de renseignements, enfin l’équipement inapproprié des soldats en poste dont les vies sont, du reste, exposées. Comment fonctionnent les frontières pour que des individus fortement armés les traversent sans être interpellés ? puisqu’aux dernières nouvelles, il semblerait que les bandits soient venus du Nigéria. Que se passe-t-il avec les services des renseignements du pays pour qu’on en soit là surpris et sans information ? Quel type d’équipements donne-t-on aux agents sur place pour se défendre contre les gangsters qui sont toujours armés jusqu’aux dents ? Ces interrogations permettent aisément aux professionnels du holp up de prendre cet air arrogant qui brave tout, même les généraux, pour commettre leur forfait et repartir avec leurs butins quitte à revenir chaque fois qu’ils en auront envie. Du point de vue stratégique, ce vol qualifié peut être compris comme une défiance à l’autorité du ministre Armand Zininzohoué. C’est lui, en effet, qui, depuis sa prise de fonction, ne cesse d’envahir les écrans pour parler de sécurité et affirmer que les bandits sont poussés dans leur dernier retranchement. Ils viennent de lui prouver qu ‘ils sont bel et bien là plus incisifs que jamais. Armand Zinzindohoué l’aura appris à ces dépends. Jamais encore au Bénin, les populations n’avaient vécu des échanges de tirs aussi nourris entre gangsters et force de l’ordre. Le Ministre de l’intérieur doit donc comprendre qu’il faut plus agir dans l’ombre qu’à la lumière pour mieux surprendre les voleurs. Lorsqu’il se permet certaines déclarations tapageuses, il s’attire sans nul doute la foudre des écervelés dont les consciences émoussées ne distinguent plus le vrai du faux. Il urge alors de changer de stratégie car qui va loin ménage sa monture.
Vital AHOTONDJI


