Les 27 et 28 novembre prochain, le Bénin organise une conférence nationale d’échange et de dialogue politique pour décrisper l’atmosphère politique tendue que traverse le pays depuis quelques mois. Ainsi en a décidé le conseil des Ministres réuni en séance ordinaire le mercredi 19 novembre dernier. Mais à entendre certains politiciens, cette rencontre risque d’enregistrer beaucoup d’absents parmi les barons de la politique nationale qui sont en réalité et au premier chef les invités à ces assises.
En effet, le gouvernement béninois réuni en conseil des ministres ce mercredi a, après examen et adoption du projet de Décret portant modalités d’application de la Loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant Statut de l’Opposition, procédé à l’analyse approfondie de la situation politique nationale actuelle caractérisée par des tensions et déchirements de tous ordres. Aussi, cette situation est-elle une conséquence de l’incompréhension nourrie entre les acteurs et forces politiques du pays. Ce qui n’est pas de nature à faciliter la mise en œuvre de la vision du Gouvernement centrée sur l’émergence politique, économique sociale et culturelle du Bénin et à garantir le bien être du peuple béninois. C’est pour dénouer cette crise que le Conseil des Ministres a décidé de l’organisation de deux journées de réflexion auxquelles seront conviées les forces vives de la Nation, notamment tous les partis politiques sans exclusive ainsi que les organisations de la société civile dans toutes leurs composantes. Lesquelles journées permettront d’engager un dialogue franc et sincère en vue de détendre l’atmosphère de méfiance qui entrave le bon fonctionnement des Institutions de la République et freine la poursuite du programme d’action du Gouvernement. Dans le communiqué final de ce conseil des ministres, le Gouvernement a lancé un appel patriotique et civique à tous les citoyens pour une mobilisation générale en vue du succès desdites journées.
Mais à écouter certains politiciens, cet appel est loin d’être entendu, déjà que des voix se lèvent pour dénoncer l’initiative. C’est le cas du secrétaire général du Prd Joël Aïvo qui a déclaré samedi sur RFI qu’aucune concertation entre le président de la République et les politiciens n’a précédé la prise de cette décision. Il a dénoncé comme, ils en ont d’ailleurs l’habitude, l’impréparation et la précipitation qui, dit-il, caractérise l’organisation desdites journées. Et si l’on sait que le Prd au nom de qui parle M. Joël Aïvo est membre du G4 souvent sociétaire et solidaire au G13, ami à Force Clé lorsqu’il s’agit d’affronter le camp présidentiel, l’imminence d’un boycott remarquable de la conférence qu’entend organiser le gouvernement n’est pas exclu. Ce spectre de boycott certain du G4, G13 et Force Clé plane au-dessus de la conférence et l’on est en droit de s’inquiéter sur la réussite de l’initiative fortement saluée par les populations après l’adoption en conseil des ministres du décret portant modalités d’application de la Loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant Statut de l’Opposition. Le hic est que la population malgré son innocence a été toujours la victime des manœuvres politiciennes de ces hommes qui n’ont malheureusement pour projet de société que la transhumance au cas où ils n’arrivent à s’en faire plein les poches dans leur camp d’origine.
Comlan Paul ODAH


