La gratuité de l’enseignement universitaire décrétée par le gouvernement à partir de la rentrée académique 2008-2009 est, a priori, une bonne chose. Beaucoup d’élèves admis au baccalauréat et dont les parents n’ont plus les moyens peuvent se réjouir de pouvoir bénéficier d’une formation universitaire financée par le gouvernement béninois. Mais lorsqu’on se penche plus sérieusement sur la question de la gratuité de l’enseignement au Bénin, la démarche et la méthodologie du gouvernement semblent biaisées. En effet, la gratuité de l’enseignement maternel et primaire décidée en 2007 par le Président Boni Yayi n’a pas fini de surprendre les enseignants qui sont débordés par le flux des nouveaux venus. Il est clair que cette décision a sorti beaucoup de béninois et de béninoises de l’ignorance. Cela n’a pourtant pas empêché les multiples problèmes et difficultés qu’à suscité cette gratuité. Manque de salles, absence de matériel de travail chez les enfants dont les parents avaient cru que gratuité de l’enseignement était synonyme de prise en charge intégral. Face à tout cela, le pouvoir devrait analyser la situation et faire un repli tactique pour sensibiliser les parents d’élèves, les acteurs sociaux et les enseignants afin que les divers paramètres de la gratuité soient cernés et maîtrisés. Mais lorsqu’en observateur attentif, on constate que cette démarche n’a pas été adoptée et que les deux pieds joints on saute du primaire pour l’université, on convient qu’il y a hiatus. Mieux, dans le processus d’acquisition du savoir, le secondaire vient après le primaire et avant l’université. Et l’expérience a montré que l’essentiel de ce que l’élève retient est donné au secondaire à travers l’histoire, la géographie, la littérature, les mathématiques etc. Si on peut assurer à l’élève le parcours du primaire au secondaire, il aura acquis l’essentiel pour faire face à la vie. La constitution du 11 Décembre l’a si bien compris qu’elle dit en son article 13 que : « l’État pourvoit à l’éducation de la Jeunesse par des écoles publiques, L’enseignement primaire est obligatoire. L’état assure progressivement la gratuité de l’enseignement public. » L’adverbe ‘progressivement’ est utilisé à dessein ici pour dire qu’il y a des étapes dans la gratuité. Mieux, l’article 8 précise « (…) A cet effet, il assure à ses citoyens l’égal accès à la santé, à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation professionnelle et à l’emploi. » Ce qui veut dire que l’Etat ne peut pas privilégier les universitaires au détriment des secondaires. Loin de nous l’idée de rejeter la gratuité. Au contraire, elle est constitutionnelle et réduit considérablement les barrières de l’illettrisme. Mais à l’analyse, le gouvernement devrait aller pas à pas pour effectivement régler les problèmes. Le Bénin se porte très mal et pour le guérir, il faudrait aller méthodiquement. Le Bénin est si en retard que le seul moyen de rattraper quelque peu ce retard est d’aller très lentement. Pour aller vite, il faut aller pas à pas.
Opinion de Vital AHOTONDJI : Et si le gouvernement allait pas à pas ?
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12 novembre, 2008
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