« Eux » ? C’est le peuple américain dans sa plénitude et dans toute sa diversité.
Quel peuple formidable, ce peuple américain, alors ! Un peuple des grandes occasions et des grands défis. Un grand peuple qui a toujours baladé sa complexité à fleur de peau et son identité multiraciale controversée.
Le fantastique peuple de cette nation américaine, aux certitudes ronflantes et à l’arrogance sans nom, a su rappeler au monde entier, alors même qu’il avait les genoux à terre – abattu par la crise financière et monétaire – qu’il pouvait encore remuer le génie politique de ses pères fondateurs et donner corps au rêve américain, selon lequel tout est possible au pays de l’Oncle Sam.
Alors, tout est encore donc possible aux USA ?
Qu’un africain- américain puisse devenir un jour « Kozy » – Grand Prince ou Roi en langue swahili – aux USA, ça on le savait déjà. Mais qu’un Noir arrive à s’emparer du sacre supprême de « Kozy yama Kozy » – Roi des Rois – aux Etats-Unis d’Amérique, ça n’était qu’un rêve luxureux, une hystérie collective entretenue ouvertement par beaucoup – et même au-delà des frontières américaines – ces derniers mois. Quelle belle utopie alors!
Ainsi, un » gringalet avec un drôle de nom « , petit-fils d’un gardien de chèvres de la savane africaine, métis d’une mère blanche du Kansas, élevé dans le courant musulman en Indonésie, loin du fameux cliché WASP – white anglo-saxon protestant -. Un illustre exotique personnage donc, qui a prétendu un jour dirigé la première puissance mondiale. Et qui deviendra – grâce aux votes populaires et au nombre de grands électeurs engrangés, cette nuit écoulée – le 20 janvier 2009 prochain à midi – le 44 éme Président des Etats-Unis d’Amérique. Et surtout le premier Président – non wasp -, noir de surcroît, de l’histoire des USA.
Personne n’a voulu se laisser conter l’histoire. De l’Amérique en Europe, de l’Asie en Afrique – où la graine OBAMA a poussée non loin des rives du fleuve Tanganika -, personne n’a voulue se laisser conter cette histoire-là. Oui, en Afrique, en Asie, au moyen et au proche Orient, en Europe et au reste de l’Amérique on y a cru un peu plus plutôt que les USA. Tous ont ignoré un temps les slogans faciles à la McCain ou à la Hillary Clinton au profit de discours moins formatés, moins manichéen d’OBAMA. D’ailleurs cette homonymie est devenue vite une véritable marque commerciale à l’étranger avant de percer le mur racial et identitaire du landernau politique américain. OBAMA n’était pas le candidat des seuls noirs, il n’était pas non plus le candidat des blancs, ni de telle ou telle clientèle autre attitrée. On lui reconnaît partout ce côté multiracial et multifacette réellement fascinant qui transcende les foules éprises d’espoir de changement, de correction des inégalités, d’éducation et d’instruction, d’équilibre… et de toutes sortes de rêve de changement.
» Yes we can « . Oui nous pouvons.
» La « Nouvelle Frontière » n’est pas un ensemble de promesses, mais de défis. Elle ne résume pas ce que je veux offrir aux Américains, mais ce que j’ai l’intention de leur demander… « . Cette phrase est de John F. Kennedy.
Mais on peut la prêter cette phrase de Kennedy à Barack Hussein OBAMA sans offenser ses grandes qualités intellectuelles et de communicateur, sa jeunesse, son charisme et sa rhétorique et son sens de l’innovation. Toutes choses que les électeurs américains ont plébiscités le 4 novembre dernier.
« Nous allons changer l’Amérique, nous allons changer le monde ». Le nouvel homme le plus puissant de la planète est Noir et c’est une Amérique majoritairement blanche qui l’a élu. Et c’est le fait que plus rien ne sera plus comme avant car les électeurs américains ont écrit cette nuit une nouvelle page de l’histoire de l’Amérique. Nul doute que les divers problèmes et diverses difficultés de l’Administration , de la Société, de l’Economie américaine ; les relations diplomatiques complexes, l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, le Cuba, la Russie, le Venezuela, la Libye etc…l’Ecologie et l’Environnement – comme la lutte contre l’effet de serre – l’OMC et la gouvernance mondiale qui attendent des solutions transcendant les vieux clivages connaîtront avec l’élection d’OBAMA des approches différentes. Car le succès de Barack OBAMA réside en la remarquable capacité qu’il a de transcender la politique traditionnelle et de traverser les lignes de clivage – raciales, politiques, régionales.
Quarante-cinq ans après l’apogée du mouvement pour les droits civiques menés par Martin Luther King, Vingt ans après les espoirs suscités et les illusions perdues des primaires démocrates aux USA du Révérend Jesse Jackson, voici enfin arrivé le temps des grandes ambitions pour le peuple noir. Doté d’un flair unique, OBAMA a respiré comme personne l’air du temps, il a identifié avant tous les autres la soif de changement, la réduction des inégalités sociales dont les américains et le reste du monde sont demandeurs. OBAMA porté par les épaules de Martin Luther KING, le souffle de toutes les communautés noires et les minorités du monde entier, adoubés par les acclamations et encouragements de tous les humanistes et démocrates de la terre, OBAMA est vraiment devenu l’homme d’une nouvelle époque, d’une nouvelle ère. Une nouvelle ère – qui s’est ouverte cette nuit américaine du 4 novembre 08 – et qui ne sera jamais le retour du pire ni l’extension de ce qui existait déjà. Mais une ère pensée par OBAMA et qui reste à façonner par tous, au gré et aux exigences des nombreux défis du moment. Et cela nous le pouvons tous, chacun à son niveau et collectivement. Yes we can ! Good luck, and long life for you, Mister the President OBAMA. God bless you !
Sika Info – Par Guillaume ADOUVI



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