Un journal de la place a titré en manchette le mercredi dernier suite au boycott de la cérémonie d’ouverture de la 2ème session ordinaire à l’Assemblée nationale : le Bénin mérite mieux. Et il semble que vraiment le peuple béninois mérite un peu plus de respect de la part des représentants plaisantins qui prennent le parlement comme un lieu de balade où on bien quand ça enchante. C’est bien regrettable que malgré toutes les sonnettes d’alarme qu’on tire, les honorables –s’il leur reste encore quelques miettes d’honneur- ne se sentent pas obligés de jouer pleinement leurs rôles pour un mieux-être du peuple. Ce qui paraît plus révoltant, c’est qu’ils ne manquent pas de toucher leur salaire. Pourquoi doit-on payer des hommes et femmes pour un devoir qu’ils ne remplissent pas ? Dans les rues de nos villes et villages, on crie au voleur contre le l’affamé qui va prendre le mouton de son voisin. Mieux, on le brûle avec de l’essence frelaté largement disponible au bord des routes. Le Colonel Dévi du mono que tous les béninois connaissent en est le symbole par excellence. Mais en réalité y – a –t-il une différence entre celui qui vole un cabris et celui qui prend l’argent pour lequel il n’a pas travaillé ? Surtout lorsqu’on sait que cet argent est en bonne partie issu des impôts que le béninois lambda paie à coup de grands sacrifices par ces temps de crise financière qui courent. N’y-a-t-il pas un autre moyen d’obtenir ce qu’on veut ? pourquoi le peuple doit-il supporter les incohérences d’un groupuscule hanté par le gain facile, la mesquinerie et les coups bas. Le Bénin marque le pas et tourne en rond alors qu’il est à la croisée des chemins. Il est à un tournant décisif de son histoire et perd progressivement sa crédibilité internationale. Il faut que nos députés dans le bon sens comprennent qu’on ne peut pas inviter les bailleurs qui nous soutiennent à une cérémonie d’ouverture et boycotter cette cérémonie croyant faire du mal à un tiers. C’est en dernier ressort le peuple qui souffre. Et justement, ce peuple mérite bien mieux.
Vital AHOTONDJI


