La session budgétaire devant conduire au vote du budget général de l’Etat exercice 2009 a été boycottée. C’était la triste réalité hier au parlement avec l’absence remarquable des députés G4, G13 et Force Clé qui auront donné la preuve qu’il s’agit d’une législature exceptionnelle sous le regard hébété des diverses personnalités présentes à l’hémicycle hier. Rendez-vous est donc pris pour vendredi prochain en vertu des dispositions de l’article 85 de la constitution.
Le blocage a repris de plus bel à l’Assemble. Ainsi, annoncée pour hier mardi 28 octobre, l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2008 de l’Assemblée nationale n’a pu avoir lieu faute de quorum. Les députés G4, G13 et Force Clé ont réédité leur fameux exploit du lundi 7avril 2008 lors de l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale en boycottant purement et simplement la session. Sur les 83 députés que compte le parlement béninois, c’est seulement 32 ont répondu présents à la cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale. Une situation qui suscite déjà, moult commentaires, surtout quand on sait que cette session est consacrée à l’examen du budget général de l’Etat, exercice 2009. le spectacle était plutôt désolant à l’hémicycle hier avec la présence des membres du corps diplomatique, les membres des autres institutions de la République , la société civile et bien d’autres personnalités qui ont dû assister impuissants à cette réalité désormais traditionnelle avec la 5ème législature. Face à l’évidence, le président Mathurin Nago a été obligé de renvoyer la poursuite des activités parlementaires au vendredi 31 octobre 2008 en se basant sur les dispositions de l’article 85 de la constitution qui stipule : « Si à l’ouverture d’une session, le quorum de la moitié plus un des membres composant l’Assemblée Nationale n’est pas atteint, la séance est renvoyée au troisième jour qui suit. Les délibérations sont alors valables, quel que soit le quorum ». De fait, l’Assemblée nationale ouvre ainsi les portes d’une nouvelle phase d’incertitudes et de blocage au regard de la particularité de cette session qui devra se pencher sur l’étude et l’adoption du budget général de l’Etat. Et quand on sait le climat délétère qui règne entre les forces politiques de l’opposition non déclarée à l’Assemblée avec le pouvoir en place, il y a de quoi s’inquiéter. De plus, cette situation de boycott n’était plus envisageable dans une certaine mesure étant donné que la question de la mise sur pieds de la commission devant procéder au contrôle de la gestion du président Nago, brandit comme la condition sine qua non par certains députés n’est plus à l’ordre du jour. Justement à ce propos, il faut souligner que les choses ont abouti enfin avec la composition d’une commission de 9 membres le lundi 27 octobre dernier avec 43 voix pour et 39 abstentions. En effet, la commission d’enquête est chargée de faire un rapport circonstancié sur les activités et la gestion en général du président de l’Assemblée Nationale et plus particulièrement sur les raisons de la non désignation des représentants de la représentation nationale à la haute Cour de Justice ; la clarification des conditions de désignation des membres de la cour constitutionnelle ; les raisons expliquant la non désignation des membres du Parlement béninois dans les parlements régionaux ; les raisons du gel du contrôle de l’action gouvernementale ; les menaces sur les libertés individuelles des parlementaires ; le non respect de l’indépendance du parlement et la dégradation de son image en tant qu’institution de contre pouvoir ; la gestion administrative et financière du parlement ; la gestion des missions à l’étranger ; d’importantes sommes qui auraient été soustraites pour fabriquer des étrennes de campagne ; le recrutement peu orthodoxe de personnels ; l’utilisation abusive des moyens du parlement à des fins personnelles, politiques et partisanes et le non respect du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. La commission ainsi mise sur pieds dispose de 30 jours pour déposer son rapport.
La composition de la commission d’enquête
Add- Nation et développement : Jean-Baptiste Edayé
Add- Nation et démocratie : Epiphane Quenum
Prd- Prs : Ismaël Tidjani Serpos
G13 : Rachidi Gbadamassi et Eric Houndété
Bénin Emergent- Gouvernance concertée : Grégoire Laourou
Démocratie et émergence : Hélène Aholou-Kèkè
Bénin Emergent- Solidarité progrès : Karimou Chabi Sika
Unité nationale : Victor Dangnon
Fidèle VODOUNON

