Chaque 5 secondes, un enfant de moins de 5 ans meurt de faim et de malnutrition dans le monde. Comment faire alors pour éradiquer ce fléau ? Depuis des années, les pays industrialisés manifestent leur intention de voler au secours des pays en voie de développement par ce qu’ils appellent » l’aide au développement « . De promesses alléchantes et mirobolantes font saliver, tels les chiens de Pavlov, les gouvernants africains. Mais le triste constant est qu’il s’agit ni plus ni moins des commérages et des balivernes car, ils se réjouissent apparemment de la précarité des milliers de leur semblable qui souffrent de faim dans le monde. 923 millions au total. Cette crise de pauvreté a été accentuée les 8 premiers mois de cette année faisant monter l’indice FAO des prix alimentaires à 50%. Cette année, 75 millions de personnes supplémentaires sont touchées par la faim dont la majorité provient des régions d’Asie-pacfique, afrique-subsaharienne et une faible proportion en Amérique Latine au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Malgré cette flamme de la faim qui consume considérablement le monde, les pays riches réagissent timidement au mépris des affres des populations. Or, il faudrait seulement 30 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité alimentaire dans ces pays très touchés et relancer globalement le secteur agricole. Au regard de cette désinvolture totale de la communauté internationale à réagir contre la faim et la pauvreté dans le monde, tout porte à croire que les arcanes de l’économie mondiale se définissent dans une géométrie de données variables dont les pays du G8 sont les seuls détenteurs des modus Operandi. C’est dire donc que, pendant qu’ils peinent à trouver ces 30 milliards de dollars pour sauver 923 millions de personnes frappées pour la faim, ils sont arrivés à débloquer en un lap de temps, quelque 1000 milliards de dollars pour sauver leurs banques. Face à cette vive riposte contre la crise financière, il faut simplement dire que les pays industrialisés sont dans la dynamique du protectionnisme et sont prêts à jouer leur va- tout pour sauvegarder et pérenniser leurs atouts, leurs intérêts bref leurs économies. Les pays pauvres très endentés sont considérés alors comme des marchés où le capitaliste n’a qu’un seul objectif : tirer le maximum de profit. Les pauvres paysans qui travaillent sous le chaud et ardent soleil de l’Afrique, sous les intempéries de la zone intertropicale vivent difficilement de ce qu’ils produisent. Là, il va falloir porter un doigt accusateur sur la communauté internationale qui ne veut pas aider le tiers-monde et qui visiblement fait des pieds et des mains pour l’enliser dans l’abîme. Si ce n’est pas le cas, pourquoi la banque mondiale et le Fonds Monétaire International lui avaient-ils imposé le Plan d’Ajustement Structurel ? A cet effet, des dizaines de sociétés africaines ont été privatisées au grand dam des Etats causant de facto plus de dégâts que cela n’aurait réglé. Le paradoxe est là. L’autre paradoxe réside dans le fait que pendant que les institutions de Brettons Wood, la Banque Mondiale et le FMI prescrivent comme ordonnances aux sociétés des pays sous-développés la privatisation, des milliards de dollars sont investis dans les banques occidentales pour sauver les fondamentaux de leurs économies. Dénationalisation ici, renationalisation là-bas. En tout cas, le bas blesse. Eu égard à cette politique de deux poids deux mesures, les pays en voie de développement doivent se réveiller de leur sommeil comateux afin de revoir leur politique vis-à-vis des pays riches. Autrement, ils continueront de croupir sous le joug de la misère ; toute chose qui renforce l’hégémonie des pays riches.
L’éditorial de Romual BOKO : L’aide au dévéloppement pâtit de la crise économique
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22 octobre, 2008
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