Au fur et à mesure que les élections américaines s’approchent, le fossé se creuse entre le Candidat démocrate Barack Obama et celui républicain John McCain faisant du démocrate le plus favori de la course. Ce qui a davantage créé de débandade dans le camp républicain, c’est le rapport publié par le «Troopergate» sur la colistière de John McCain le vendredi dernier. Un rapport de 263 pages remis par le Conseil législatif de l’Alaska qui accuse Sarah Palin : «La gouverneure Sarah Palin a abusé de son pouvoir en violant le Statut 39.52.110 (a) de l’Acte éthique concernant la branche exécutive de l’Alaska», a écrit l’enquêteur Steve Branchflower dans ledit rapport. Mme Palin faisait l’objet d’une enquête parlementaire officielle dite du «Troopergate», au niveau de son Etat avant d’être désignée comme candidate à la vice-présidence aux côtés de John McCain. Cette enquête a suivi son cours et vient à un moment où les républicains étaient déjà en perte d’identité. M. Branchflower qui était chargé de l’enquête a estimé qu’elle avait commis un abus de pouvoir en faisant pression sur des agents de l’Etat pour licencier un agent de police Michael Wooten qui se trouve être l’ex-beau frère de Mme Palin et était engagé dans un divorce avec sa femme, la sœur de Palin. La gouverneure aurait donc licencié le chef de la sécurité publique de l’Alaska, Walt Monegan, pour avoir refusé de limoger son ex beau-frère. Comme on pouvait s’y attendre, le camp républicain a tout rejeté en bloc estimant que c’est un acharnement des démocrates contre la personne de Sarah Palin. Mais là n’est pas le plus grand problème des américains. Le plus important aujourd’hui c’est la question du racisme, de la couleur. Il est certes vrai que les sondages publiés par CNN,CBS, l’institut Gallup et bien d’autres donnent largement en tête le démocrate avec environ 52 % des voix. Mais il a ce qu’on appelle de nos jours «l’effet Bradley» issu d’une étude publiée mi-Septembre qui soutient que beaucoup de blancs ne disent jamais aux sondeurs qu’ils ne voteront pas un noir parce qu’on pourrait les traiter de racistes. Ils préfèrent dans le silence de l’isoloir porter leur choix sur le blanc qui pour eux représente, malgré ses défauts, le moindre mal. C’est ce qui a fait que Tom Bradley, cet africain américain candidat au poste de gouverneur de Californie a échoué bien qu’étant en tête des sondages. C’était en 1982. On craint donc que les américains ‘racistes’ ne fassent basculer les sondages. C’est pourtant triste de constater que malgré les multiples luttes contre le racisme de Martin Luther King, de John Kennedy et de bien d’autres figures emblématiques, la couleur continue d’alimenter la polémique dans une fédération comme les Etats Unis d’Amérique. Heureusement que certains américains de ce bord commencent à parler d’une certaine couleur verte. Vous savez, en effet, que le dollar encore appélé billet vert à bien une couleur verte. Voici donc les américains qui, faisant fi de la couleur noire ou blanche se préoccupent plus de la couleur verte. Ils veulent quelqu’un qui va mener une politique économique dynamique et porteuse, capable de faire des Etats Unis le N° mondial. Ce qui pousse à dire que la santé économique risque de l’emporter sur toute autre supputation raciale. Or, pour beaucoup de Républicains Obama semble le plus apte à résoudre la crise économique des Etats Unis. En clair, si les américains préfèrent l’économie à la race, ils voteront la couleur verte avec évidemment OBAMA comme président. Mais si le contraire se produisait, malgré son avance dans les sondages Obama ne gardera que le double souvenir d’abord joyeux d’une campagne présidentielle animée et ensuite amer d’une victoire volée par le racisme.
Vital AHOTONDJI


