Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) s’est réuni lundi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York et a, une nouvelle fois, demandé le retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie puis a menacé le pays de sanctions.
Dans un communiqué transmis à l’Agence France Presse (AFP), l’Union Africaine (UA) souligne qu’elle «exige le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement inconditionnel de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président de la République islamique de Mauritanie, dans ses fonctions, à la date du 6 octobre 2008 au plus tard». L’UA «met en garde les auteurs du coup d’Etat et leurs soutiens civils contre les risques de sanctions et d’isolement qu’ils encourent au cas où ils ne répondraient pas positivement à cette exigence».
Le CPS de l’organisation panafricaine «exprime sa grave préoccupation devant le fait que, malgré les efforts déployés à ce jour, aucune avancée n’a été obtenue sur la voie d’un retour rapide à la légalité constitutionnelle».
Alors que se tient l’assemblée annuelle de l’ONU, le CPS demande «instamment aux Etats membres de l’UA et à la communauté internationale dans son ensemble de considérer comme illégitimes et illégales toutes les actions et initiatives des auteurs du coup d’Etat destinées à faire échec à la restauration de l’ordre constitutionnel». Pendant qu’on la croyait sournoise comme elle l’a été face aux actes anti-démocratiques du genre, l’UA se montre de plus en plus exigeante et démocratique lorsqu’on se réfère aux différents avertissements qu’elle donne aux putschistes mauritaniens depuis le début de la crise que traverse le pays du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi déchu le 6 Août dernier. Et surtout quand on se rappelle de son silence ou de sa complicité lors des événements survenus au Togo pendant les présidentielles d’Avril 2005, du cas Zimbabwéen qui n’a pu reçevoir la moindre critique ni une mise en garde acerbe de l’institution ni d’aucun chef d’Etat africain si ce n’est du président Zambien Levy Mwanawassa décédé il y a peu, l’Union Africaine se réveille et se rend compte heureusement que la politique de la plupart des présidents africains est tout sauf démocratique. Mais peut-elle parvenir à changer si vite les habitudes au regard de l’effectif pléthorique des chefs d’Etat en situation irrégulière vis-à-vis de la norme démocratique dans le continent ? Les vieux démons de politique africaine ne se constitueront-ils pas en obstacles aux décisions de l’institution quand on sait que la plupart d’entre ces leaders baignent dans la même gadoue avec à la clé des décennies de règnes présidentiels ? Tout compte fait, en tapant cette fois-ci sur la table pour mettre fin à la pagaille politique instaurée en Mauritanie depuis le 6 Août 2008, l’Union Africaine a posé un acte salutaire et démocratique et elle doit maintenir le ton afin que la démocratie et la paix puissent revenir dans ce pays. Car, depuis ce putsch, les événements ont viré de plus belle au vinaigre dans le pays.
La barbarie mauritanienne
Le président déchu de la Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a condamné «la lâche agression de Tourine», en référence à l’attaque du 14 septembre, revendiquée au nom d’Al-Qaïda, qui a fait 12 morts, selon une déclaration publiée mercredi par son porte-parole.
Le président, destitué le 6 août par un coup d’Etat militaire et maintenu en résidence surveillée à Nouakchott, a adressé «ses condoléances les plus attristées au peuple mauritanien, aux forces armées nationales et aux familles des victimes de la lâche agression de Tourine (nord)», «Le président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, réitère sa ferme condamnation du terrorisme et exhorte le peuple mauritanien à l’unité et à la vigilance pour juguler, combattre et vaincre la menace terroriste», ajoute-il dans le communiqué. L’attaque terroriste a visé le 14 septembre une patrouille de l’armée mauritanienne dans l’extrême nord du pays. Les corps de 11 soldats et de leur guide, «décapités» selon une source sécuritaire, ont été retrouvés vendredi à 30 kilomètres au nord-est de Tourine.
Par ailleurs, le président, élu démocratiquement en mars 2007, salue dans sa déclaration «la détermination du peuple mauritanien et son engagement dévoué dans le rejet du putsch ayant renversé l’ordre constitutionnel dans le pays, le 6 août 2008″. «Il salue particulièrement la constance des dirigeants, militants et sympathisants du Front national pour la Défense de la Démocratie (FNDD) dans leur revendication légitime de rétablir l’ordre constitutionnel».
M. Ould Cheikh Abdallahi se félicite de «l’immense élan fraternel et amical de solidarité et de soutien manifesté au peuple mauritanien et à sa démocratie par l’ensemble des pays amis et partenaires au développement». Il les invite à poursuivre leurs efforts en cours pour le rétablissement intégral de l’ordre constitutionnel dans son pays. Cette barbarie dans laquelle est plongée la Mauritanie depuis le putsch reste un fléau auquel la communauté internationale doit faire face aux fins de redonner espoir aux mauritaniens.
Comlan Paul ODAH

