Les trois jeunes chefs d’arrondissement de la ville de Parakou réunis au sein d’un supposé collectif des CA filent du mauvais coton. Dans le vil dessein de provoquer la destitution du maire Soulé Alagbé, ils effectuent depuis peu des dépenses qui méprisent l’orthodoxie financière en vigueur dans les collectivités locales. Toute chose qui alimente aujourd’hui la tension politique au sein de l’équipe municipale de Parakou.
Conformément aux textes de la décentralisation, les arrondissements ne disposent d’aucune autonomie financière. Malheureusement, à Parakou, les chefs d’arrondissement, tous issus de la liste des forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) font croire le contraire. Pour équiper leurs bureaux, ils ont engagé, sans l’avis du conseil municipal ni du maire des dépenses exhorbitantes, et ceci au mépris des textes. Sur avis motivé d’un des leurs, ils ont par le truchement d’un fournisseur commandé à coût de plusieurs millions des mobiliers de bureau, des postes téléviseurs, des portes télévision. Et comme si cela ne suffisait pas, et au regard du mutisme observé par le maire Soulé Alagbé après lui avoir adressé la facture, les trois chefs d’arrondissement commandent à nouveau des frigos. Les deux factures impayées estimées à près d’une dizaine de millions sont actuellement dans le circuit administratif. Contacté dans la nuit du mercredi dernier, le chef du 3è arrondissement n’a pas nié les faits. « Je reconnais que nous avions effectivement acheté des mobiliers de bureau, mais pas des fauteuils bourrés comme l’insinuent certaines langues » a-t-il déclaré en substance avant de confier que « c’est parce qui leur collègue, resté longtemps à la mairie le leur a recommandé ». De sources bien informées, ces actes n’ont pas été posés par ignorance des textes mais bien au contraire dans la vilaine optique de susciter le retrait de leur confiance au Maire Soulé Alagbé rendu célèbre par son pragmatisme, son humilité et son souci de faire de la cité des Koburu, une ville attrayante, prospère et économiquement forte. Un des adjoints au maire serait aussi mis à contribution dans cette sale besogne dont les commanditaires, un homme politique en perte de popularité et un richissime homme d’affaire sont connus (nous y reviendrons). Des actes qui, à priori, compromettront dangereusement le développement local à Parakou.
Jamais un sans deux !
L’autre plus belle illustration des violations des textes de la décentralisation par les trois CA de Parakou est l’élaboration et la mise en application d’une nouvelle grille tarifaire des différentes prestations offertes par la mairie. Les prix des prestations que sont la signature des différents actes et autres conventions ont été majorés. Cette situation fortement décriée par les populations à travers des émissions de grogne sur les radios privées implantées à Parakou a contraint Soulé Alagbé à prendre une note de service demandant à ses collaborateurs, les CA de surseoir aux nouveaux tarifs et de pratiquer les taux jusque là en vigueur. A cette requête du président du conseil municipal, les CA ont fait la sourde oreille. Ils ont persévéré dans leur besogne jusqu’ à la dernière session ordinaire du conseil municipal. Une session au cours de laquelle le maire a fait passer une communication sur l’harmonisation des prix des différentes prestations rendues par les services de la mairie. Après moult tergiversations faites des envolés lyriques, et il ne pouvait en être autrement, le conseil a finalement adopté ladite communication contre le gré des CA et de leurs commanditaires. Dorénavant la convention de vente de parcelle qui par le passé coûtait en matière de timbre 1.000 francs passe à 5.000 francs. Avant les assises, elle coûterait 6.000 francs. A ce sujet, le CA contacté ne se reconnaît pas à travers ce taux qu’il réduit à 5.000 francs. Ce sont là les germes d’une tension politique qui alimente déjà les débats dans les états-majors des formations politiques à Parakou. Mais le locataire de l’hôtel de ville très serein joue à la carte de l’apaisement. Tant l’éventualité de sa destitution est agitée dans la presse nationale que l’on se demande si Parakou veut renouer avec le cercle infernal de destitution de ses maires. Affaire à suivre !
Rudolph FAGLA


