Enfin le bout du tunnel. La boucle est bouclée. Après plusieurs mois de tractations faites de contacts, négociations et de compromis, la nouvelle équipe de Boni Yayi tant attendue devrait être rendue publique en fin de week-end. Plusieurs entrées même les moins soupçonnées sont en lice avec également des permutations. Selon les sources dignes de foi, d’autres portefeuilles ministériels seront créés. C’est le cas par exemple du ministère délégué auprès du président de la République chargé des travaux publics et des transports qui sera scindé en deux et donnera nom au ministère des Grands Travaux (MGT) d’une part et d’autre part au Ministère des Transports et de l’Equipement (MTE) qui sera conduit par le representant du G13 en la personne de l’ancien ministre de la communication Venance Gnigla. Eloi Djitrinou dirigera désormais le ministère de l’enseignement maternel et primaire pendant que le Directeur Général du trésor Félicien Tchabi se voit confier le ministère de la micro finance, de la promotion des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes alors occupé par Madame Sakinatou Alfa Orou Sidi. L’ancien député de la Renaissance du Bénin Candide Azanaï prend le ministère chargé des relations avec les institutions porte parole du gouvernement succédant ainsi à Alexandre Hountopndji qui devra s’occuper de la Santé publique. Le docteur Kessilé Challa sera probablement au ministère des affaires étrangères. Le ministère la famille, de la femme et de l’enfant vanquant depuis la nomination de Mme Yimbéré à la cour constitutionnelle sera dirigé par Vicentia Bocco. Le ministère de l’Agriculture, de la pêche et de l’élevage est discuté par le ministre Sina Bio Gounou et son homologue Sacca Lafia. Par ailleurs, le Mouvement Africain pour le Développement et le Progrès (Madep) signera son entrée dans le prochain gouvernement par la présence du député François Abiola.
Il est à noter que cette nouvelle configuration politique du Bénin traduit la volonté du Chef de l’Etat de s’ouvrir aux forces politiques traditionnelles qui animaient la vie politique nationale avant son arrivée. Accusé par les uns et autres d’avoir violé les accords d’entre les deux tours de l’élection présidentielle d’Avril 2006, le Président Boni Yayi a eu maille à partir avec ses alliés d’hier qui, en ordre de bataille, lui ont livré une guerre de tranchée allant du blocage au parlement jusqu’aux injures ouvertes. Le Président en faisant cette option veut sans doute baisser la tension politique que traverse actuellement le Bénin. Au nom de la paix, on peut comprendre ce choix. Mais profondément on se demande si ces formations alliées le matin, adversaires à midi, ami l’après-midi retrouveront le soir un équilibre psychique et une stabilité politique qui leur permettent d’opérer un choix utile pour le peuple béninois. En tout état de cause, mettre tous les fils de ce pays au travail pour l’émergence tant recherchée est une très bonne chose. Reste à espérer que les fruits tiennent la promesse des fleurs.
Comlan Paul ODAH


Apres les élections locales et communales passées, le peuple béninois s’attend à une nouvelle équipe gouvernementale pouvant conduire le changement opéré par le docteur Boni Yayi depuis Avril 2006. Cette formation suscite beaucoup d’interrogations au regard des tractions pour son ouverture aux caciques de la classe politique traditionnelle. En effet, vu la crise sociopolitique que traverse actuellement le pays, le Président Boni Yayi a décidé de former un gouvernement de large union nationale. Un tel gouvernement ne compromet-il pas les chances du changement ? A l’analyse, il est impérieux de souligner qu’aucun changement ne peut s’opérer avec le retour de la vieille garde aux affaires, vieille garde qui a pendant des années mis le pays à sac par des détournements, l’enrichissement illicite, les paradis fiscaux, le favoritisme, le népotisme, la gabegie et surtout la corruption. On encore souvenance des grandes sociétés société d’Etat disparues telles que la Banque Commerciale du Bénin, des bradages des biens publics comme le domaine de l’ambassade du bénin à Washington, des crimes socio-économiques les plus odieux et bien d’autres péchés ignominieux.
Il aurait fallu donc l’arrivée du Dr Boni Yayi aux affaires pour remettre le pays sur la voie de développement et de l’émergence surtout avec le signal fort lancé aux apatrides. Nous ne voulons pas citer l’arrestation du Président du Madep sefou fagbohoun qui a goutté aux délices de la « maison Blanche ». Les cas de Barthélemy Agnan et Alain Adihou sont également légion. Ce signal fortement soutenu et applaudi par la minorité longtemps victime n’a pas reçu la bénédiction des vieux démons. C’est alors qu’a commencé la lutte contre « la lutte contre la corruption ». Pour ce faire, il faut agiter les faiseurs d’opinion, activer les grogneurs, financer les syndicalistes et créer des « G ». Aujourd’hui que le chef de l’Etat veut rallier la vielle garde politique, quelles chances donner au changement ? Ne met-il pas la main dans le guêpier et la porcherie ? Les prochains jours nous édifieront