Thabo Mbeki a prononcé ce dimanche son dernier discours à la Nation en tant que président sud-africain, après un Conseil des ministres extraordinaire qui a examiné les conditions de son départ anticipé. Le Congrès national africain, en raison des interférences de Thabo Mbéki dans les déboires judiciaires de son rival Jacob Zuma auquel il entendait barrer la route de la présidence, lui a demandé de se retirer purement et simplement du pouvoir. Il faut dire qu’en Afrique du Sud, le chef de l’Etat tient sa légitimité du parti majoritaire au Parlement, en l’absence d’élection présidentielle directe. Or l’ANC est majoritaire au parlement.Donc, il était logique que Thabo MBEKI se retire. Depuis 1999 qu’il a pris la succession de Nelson Mandela, Thabo Mbeki, le père de la renaissance africaine, un intellectuel féru a relancé l’économie sud africaine et conduit plusieurs négociations dans le cadre du maintien de la paix en Afrique. La dernière en date est celle du Zimbabwe qu’il a d’ailleurs mené avec grand succès. Malgré tout cela et pour des raisons éthiques l’ANC a pris la décision difficile de lui retirer la présidence avant la fin de son mandat. Ce n’est ni plus ni moins qu’un push démocratique. Push parce que le Président s’en va de façon prématurée et par contrainte externe. Démocratique parce que ce départ n’implique pas une violation des textes de la République. Ce push démocratique est le premier dans une Afrique qui brille par les coups d’Etat militaires et armés. Deux réflexions pointent à l’horizon au regard de cette première dans la démocratie sud africaine. D’abord, on pourrait dire bravo, vive la démocratie. Un parti politique démet le Président de la République pour conforter sa notoriété et pour préserver l’éthique et la morale. Comme c’est noble et la leçon vient de l’Afrique, cette Afrique là qui a combattu l’Apartheid, le racisme et la xénophobie avec un leader charismatique, un monument humain, une marque déposée :Nelson Mandela. Aussi, sans grande résistance le Président en exercice assume la décision et dit très facilement adieu aux beaux jours de la Présidence. Que pouvait-il faire d’autre pourrait-on penser surtout qu’il a l’ANC à ses trousses. Mais en réalité, c’est un Chef d’Etat africain et le pouvoir en Afrique est bien souvent perçu comme un règne ad vitam aeternam. Seulement Thabo MBEKI n’a pas pensé un seul instant aux armes. Dès qu’il a appris que l’ANC décidait de son avenir, il a déclaré qu’il obéirait à sa décision quelle qu’elle fût. C’est une leçon de démocratie qu’il faudra enseigner aux étudiants en sciences politiques et relations internationales. La deuxième chose à laquelle on pense face à cette démission, c’est la gestion de la transition avant Avril 2009. Si en cascade, les ministres actuels décident de suivre en loyaux serviteurs, leur maître MBEKI, qu’adviendra-t-il de la démocratie sud africaine. Ne marche-t-on pas vers une zone de turbulence politique qui risque de coûter à toute l’Afrique ? Rien n’est moins sûr surtout lorsqu’on sait que l’ANC n’est pas prête pour des élections anticipées. Le Rôle de Jacob Zuma devient alors prépondérant dans la suite. Visé comme favori à la présidence, il doit convaincre l’ANC de sa capacité managériale pour contenir et maintenir les ministres en place afin de ne pas perturber le fonctionnement normal de l’Etat. Départ prématuré de Thabo Mbeki, push démocratique, il faut être sud africain pour le faire.
Vital AHOTONDJI


quand dans un pays il y a de la discipline au sein d’un groupe, il y a de quoi en arriver à cette ultime solution. Cette solution devrait édifier les formations politiques africaines par l’instauration obligatoire de la discipline fondée sur des règles claires préalablement établies.