La mafia de l’ère Kérékou négocie son retour dans les affaires. Ceci, pour imprimer au président de la République une méthode de gestion des affaires publiques autre que celle du changement adoptée dès le 6 avril 2006 où Boni Yayi prenait le pouvoir. Depuis plusieurs mois, les députés béninois baignent dans l’inactivité notoire avec pour conséquence le blocage du fonctionnement de l’institution parlementaire. Les députés du G13, du G4 et de Force Clé sans compter les députés Prd appelés à animer l’opposition, ont décidé de rendre le pays ingouvernable au chef de l’Etat. Selon eux le président Boni Yayi n’a pas respecté l’accord de mars 2006 leur réservant un certain nombre d’avantages après son élection à la tête du Bénin. Au parlement, les honorables rebelles dénoncent le non respect par le président Mathurin Nago de l’accord de législature et par conséquent doivent le faire partir, quoique cela coûterait, du perchoir de l’Assemblée Nationale. Les béninois attendent encore la formation du troisième gouvernement du régime du changement et devront prendre de plus belle leur mal en patience par ce que le bout du tunnel n’est pas pour bientôt. Pendant que le président se bat des pieds et des mains pour apaiser la tension sociopolitique que traverse le pays en militant pour la formation d’une équipe gouvernementale dans laquelle tous les partis mécontents comptent les leurs, les forces politiques citées plus haut restent campés sur leur position. Boni Yayi doit rouvrir les circuits de la mafia qu’il a resserrés et même bouchés par endroit. Si non, pourquoi exigent-ils la direction de certaines sociétés comme la SOBEMAP, la SOGEMA, le Port Autonome de Cotonou et le retour de l’escorte des véhicules d’occasion à Défi Emploi Jeune, avant de signer leur entrée au gouvernement ? A l’hémicycle, les députés refusent de travailler, de se rendre utiles pour ce pays. Dans cette condition, tout porte à croire qu’ils oublient leurs électeurs et le peuple béninois dont ils devraient être les représentants au Palais des Gouverneurs de Porto Novo. Partir de l’affaire de destitution du président Mathurin Nago pour non respect de l’accord de législature, les honorables députés ont choisi de militer pour leurs intérêts plutôt que pour ceux de la nation toute entière. Représentent-ils donc encore le peuple ? Sinon, pour qui roulent-ils si ce n’est leur ventre ou pour tout dire, leur poche ? Répondront-ils un jour de la misère qu’ils injectent dans les veines des populations pensant qu’ils malmènent Yayi et Nago ? Pourquoi veulent-ils à tout prix et sur le champ récupérer la direction des sociétés clés ou phares de l’économie nationale ? De toute évidence, ils veulent sauter dans le nez du président Boni Yayi pour l’étouffer avec son peuple et en premier lieu sa vision du Bénin émergent. C’est malheureux.
Comlan Paul ODAH


