Le Bénin est à un tournant décisif de son histoire et la presse dans ce processus doit recentrer son rôle. Il est aisé de remarquer la multiplicité des quotidiens béninois qui paraissent chaque jour et dont les titres à quelques différences près, se ressemblent. En réalité, la Presse béninoise semble être plus politique que les politiciens eux-mêmes dont toute la visibilité est assurée par les journalistes. Il est vrai que la liberté d’expression est un acquis que la pluralité des journaux consolide. Il est aussi vrai comme dit le grand Maître Richard de Medeiros qu’ » Il faut commettre toutes les imprudences verbales et scripturales, dès lors que l’on s’est assuré qu’elles peuvent empêcher les imprudences des balles « . Néanmoins, si la Presse béninoise après avoir commis toutes les imprudences scripturales -et Dieu sait quelles énormités certains quotidiens produisent tous jours- peut se consacrer à fouiller les vraies questions de développement, à demander des explications au gouvernement sur la situation de l ‘enfance, de la femme, de l’emploi des jeunes, des réformes agricoles et des meilleures. Que faisons-nous chaque jour dans ce sens pour la prospérité de notre Nation commune ? Quand nous avons le micro, le stylo et la parole vers qui nous orientons-nous, à quoi nous intéressons-nous ? Aux politiciens véreux dont les bouches ne sortent que des injures et des malédictions ou aux petites gens qui vivent au jour le jour les affres de la souffrance, de la pauvreté et du sous emploi ? Le Maître que j’ai tantôt cité écrivait en 1975 ceci : » Il faut chanter sous la pluie. Parler dans la nuit pour faire renaître le jour. La prudence est d’argent, la parole est d’or « . Oui, nous devons parler, c’est l’essentiel de notre métier. Nous devons donner la parole aux personnes indiquées pour faire entendre à nos dirigeants les profondes aspirations du bas peuple. Nous devons percer les questions de développement pour favoriser l’émergence du Bénin. Nous devons aller vers ceux-là qui sont au bas de l’échelle, vers ses âmes vaillantes qui se battent sans succès contre la crise économique, vers ceux là qui sont dans la fosse. Alors seulement comme Aimé Césaire, nous dirons : » Au plus bas de la fosse. C’est là que nous crions ; de là que nous aspirons à l’air, à la lumière, au soleil. » Le Bénin émergent doit aussi passer par une Presse de développement
Vital AHOTONDJI


