La situation politique du Bénin d’aujourd’hui est suffisamment préoccupante. Elle nécessite une prise de conscience des divers acteurs de la scène nationale pour une rapide sortie de crise. Les uns parlent du partage du pouvoir tandis que les autres jurent par une ouverture politique de Boni Yayi aux leaders traditionnels. Mais en fait, s’agit-il d’une question de prébendes ou de gâteaux à distribuer ? Le débat, à y voir de près, semble ailleurs. Aucun pouvoir n’est véritablement obligé d’accepter contre sa volonté des hommes et femmes qu’il croit vicieux pour avoir fait leurs preuves quelques mandats plus tôt. Boni Yayi a contrario, devrait se réjouir de cette dynamique démocratique qu’incarnent les points de vue divergents. Il est prouvé que les joueurs sur la pelouse verte ne se rendent pas compte de tous les déchets que leur jeu produit mais que l’œil vigilant de l’entraîneur et du public arrive à identifier facilement. De même, les politiciens au pouvoir ne mesurent pas à tout moment l’impact de leurs actions. C’est pourquoi, le choc des idées participe de et à la dynamisation de tout processus démocratique. Cela étant, dans la différence, on peut et on doit construire la postérité pour que les générations futures vivifiées par les acquis d’aujourd’hui s’élancent vers de plus belles et de plus prestigieuses victoires. La différence est une richesse qu’il faut préserver en politique car à force d’entendre d’autres sons de cloches, on finit par se rendre compte des erreurs qu’on commet inconsciemment. Le Président Boni Yayi en s’ouvrant aux autres si tel est son choix, doit garantir ce cadre de libre échange qui lui permet en fait de mieux diriger en écoutant les critiques parfois acerbes et non fondées des autres. Une chose est sûr, la crise actuelle ne trouvera sa résolution que dans l’acceptation de la différence par les uns et les autres. Le Président ne peut pas être tel que tous les béninois le désirent. Il ne peut non plus satisfaire aux desiderata de chaque parti politique. De même tous les béninois ne peuvent pas être unanimes sur sa manière de gérer n’en déplaisent aux laudateurs aveugles et bébêtes. Mais ce que le Président ne peut s’empêcher de faire, c’est de mettre résolument le Bénin sur l’orbite du développement. C’est là que tous les béninois l’attendent pour lui demander des comptes en 2011. Autant donc pour les opposants que pour les mouvanciers, il urge de s’accepter différents pour construire ensemble le Bénin de la postérité
Vital AHOTONDJI


