A sa prise de fonction en avril 2006, le président Boni Yayi a trouvé le secteur de la santé dans un état de putréfaction avancée. Après deux années de gouvernance, le secteur de la santé malgré les mesures de redressement prises en sa faveur, semble plongé de plus belle dans le coma. Visiblement, le secteur est malade de ses hommes et les grèves à n’en point finir avec ou sans service minimum en disent long.
Les spécialistes après les enquêtes ont découvert au Centre National Hospitalier et Universitaire (CNHU) du Bénin la mauvaise gestion administrative, financière, comptable et matérielle. Et c’est pareil dans les autres centres de santé publics du pays. A tout ceci s’est ajouté l’épineux problème des ressources humaines complètement démotivées. Conséquence, les patients, les partenaires au développement, les prestataires de service et certains dirigeants du Bénin ont perdu totalement l’espoir de voir ce secteur retrouver sa boussole et servir les populations dans la règle de l’art. Voyant le naufrage menacer le navire, plusieurs des acteurs du secteur ont pris l’option de rentrer dans le privé où ils sont bien payés mais souvent très chers aux clients surtout les plus démunis. A l’orée de sa prise de pouvoir, le docteur Boni Yayi a inscrit ce domaine au fronton de ses priorités et les actions envers le secteur n’ont nullement été marchandés car dans la course vers l’émergence, les malades ont droit de vivre et bien. Deux ans après son accession à la magistrature suprême, le président de la République soutenu par son équipe et les populations compte à son actif des milliards d’investis dans ce secteur. Le ministère de la santé publique mandaté pour gérer ce département a fait des avancés considérables dans la mise en Å“uvre des actions de redressement élaborées et planifiées pour la circonstance. Mais en réalité, qu’est-ce qui a été fait, que reste-t-il à faire et pourquoi tant de grèves dans ce secteur aussi sensible qu’est la santé ?Â
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Lutte contre les maladies prioritaires
Ici, il faut retenir qu’une campagne nationale de distribution de moustiquaires imprégnées a été organisée sur toute l’étendue du territoire national associée à un déparasitage à l’albendazole et à la distribution de vitamine A aux enfants de 0 à cinq ans. Au total, plus d’un million huit cent mille (1.800.000) moustiquaires imprégnées ont été distribuées à plus de 95 % des enfants de 0 à cinq ans. Cette opération d’envergure nationale, inédite au Bénin, a été présidée par le chef de l’Etat en personne et a coûté plus de sept milliards cinq cent millions de francs (7 500 000 000) CFA. La lutte contre le VIH/SIDA a été renforcée à travers le lancement du cadre stratégique du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) dont la période 2008-2011 a été ouverte par le chef de l’Etat. D’ailleurs, ce dernier a participé à la session annuelle du CNLS du Burkina-Faso voisin pour s’imprégner des réalités du fonctionnement du Comité. Pour la première fois dans l’histoire du Bénin, un chef d’Etat s’est en personne investi dans la mobilisation sociale pour la lutte contre le VIH et le SIDA en participant entre autres à la marche à travers la ville de Cotonou au côté de tous les acteurs intervenant dans la lutte contre ce fléau (partenaires au développement, société civile, porteur du VIH etc.). Dans le cadre de la Prise en Charge gratuite de cette maladie, 12.535 sidéens ont constitué la file active au cours de l’année 2007. Pour ce programme, plus de trois milliards de francs CFA ont été dépensés dans la même année.
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Et la mère et l’enfant après la délivrance ?
Les activités de vaccination ont été renforcées par des campagnes de vaccination contre le tétanos néonatal et les maladies de l’enfant. Les maternités de références ont été dotées de Kits de césariennes. D’ailleurs l’accouchement par césarienne est rendu gratuit par le gouvernent au premier trimestre de l’année 2008. Comme promises dans son programme d’action, le chef de l’Etat peut aussi clamer haut et fort aujourd’hui que les propositions techniques sont finalisées pour l’offre gratuite des soins aux femmes enceintes et aux enfants de zéro à cinq ans.
Avec le pouvoir en place, on a noté un déclin significatif des décès d’enfants de moins de 5 ans. Le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 160 en 2001 à 125 décès pour 1000 naissances vivantes. Dans la même période, le taux de mortalité maternelle a baissé et est désormais estimé à 397 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Le défi étant d’atteindre, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et d’ici 2015, 65 pour 1000 pour les décès d’enfants de moins de 5 ans et 125 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.
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Le CNHU : des ténèbres à un pas de la lumière
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Dans le domaine des infrastructures et équipements, la poursuite de la construction et de l’équipement des centres de santé et hôpitaux de zone de même que le renforcement des installations et équipements de l’hôpital de la mère et de l’Enfant de Cotonou fait partie des actions clé menées par le gouvernement dans ce volet. La construction du Service Médical d’Accueil des Urgences (SMAU) du CNHU a été achevée. Son Service de Réanimation a été également et complètement rénové et équipé après l’incendie qui l’a dévasté. Ce qui a coûté de plus de 500 millions de francs FCFA à l’Etat béninois. La construction d’ouvrages d’hygiène et d’assainissement se poursuit dans les centres de santé, les hôpitaux, les écoles, les domiciles et les lieux publics. Les descentes régulières et parfois inopinées des autorités en charge de ce secteur et surtout du président de la République sur le terrain ont souvent donné un coup d’accélération aux travaux de construction, de réhabilitation ou d’équipement. Trente et une (31) réceptions d’infrastructures sanitaires ont été faites au cours de l’année 2007 avec une dépense totale d’environ 640 millions de francs CFA. « Au CNHU, les problèmes sont nombreux et visiblement, le bout du tunnel n’est pas pour demain car il est impératif de retoucher les piliers fondamentaux du dispositif administratif, juridique et financier du centre » a confié le professeur Idrissou Abdoulaye actuellement directeur général du CNHU.   Approché, ce dernier a fait remarquer que « la santé n’a pas de prix ». Autrement dit, elle est si chère qu’il est très difficile d’évaluer son coût en raison des urgences qui s’imposent à tout moment. Vu l’état dans laquelle se trouvait le centre à sa prise de fonction, Idrissou Abdoulaye s’est doté d’une feuille de route pour réaffirmer dans un délai record l’autonomie de l’entreprise. Comme objectif général, il lui faudra améliorer la prise en charge en matière de soins de santé curatifs, préventifs, réadaptatifs et promotionnels. Pour cela, l’amélioration de la qualité des soins de santé, l’assurance de la recherche en santé et la participation à la formation du personnel de santé sont spécifiquement indispensables. Tout ceci réuni permettra au centre de garantir une bonne prise en charge des malades, l’efficacité et l’opérationnalisation de la recherche en santé et enfin dotera le CNHU d’un personnel qualifié et motivé. Et pour y parvenir, il faut définir un cadre juridique et administratif opérationnel, redéfinir le rôle du CNHU dans la pyramide sanitaire, améliorer le plateau médico-technique et les infrastructures, mettre en place un système performant de prise en charge des urgences, améliorer la gestions des ressources humaines et améliorer les capacités de financement et de gestion comptable du centre. Un audit organisationnel et de gestion fait avant la prise de fonction du professeur Idrissou Abdoulaye a permis de reconnaître au CNHU plus de trois milliards de francs comme dette contractée et relative à la consommation en énergie électrique, eau, médicaments, téléphone et en oxygène etc… Ceci n’est pas de nature à favoriser le développement du centre car contre environ 160 millions de recette mensuelle, le CNHU débourse près de 200 millions de francs CFA chaque mois pour payer les 1200 personnes qu’il emploie. L’audit réalisé a en outre révélé que le CHNU a des créances impayées de deux milliards de francs CFA et est incapable de recouvrer 500 millions Fcfa que lui doivent les particuliers disparus sans laisser traces pour incapacité de solder les frais de l’hôpital après avoir reçu des soins. Aux dires du directeur général du centre, les tarifs que pratique le CNHU datent d’avant la dévaluation c’est-à -dire, avant 1994 et « il faut penser à leur ajustement pour favoriser le redressement de l’hôpital » poursuivit-il. Aujourd’hui, le gouvernement est déterminé à accompagner cette politique et déjà le CNHU lui doit le financement de la néonatologie évaluée à environ 100 millions de francs et l’équipement du nouveau Service des Urgences (SMAU) de plus de deux milliards. Depuis peu, la procédure de fourniture ou d’achat de cet équipement est en proie à une terrible polémique par ce que la presse ventile que la passation de marché de fourniture et d’installation d’équipements médicotechniques au profit du SMAU au CNHU-HKM aurait fait l’objet d’irrégularités. Ce qu’a démenti très vite le ministre de l’économie et des finances Soulé Mana Lawani dans un communiqué abondamment diffusé par les médias. Par ailleurs, dans les cinq milliards de francs CFA octroyés par le gouvernement pour la réhabilitation des centres de santé du Bénin, le CNHU a eu droit à un montant non négligeable, ce qui fait conclure au directeur général Idrissou Abdoulaye que « le CNHU est en chantier à l’image de tout le Bénin ». L’élaboration d’un manuel de procédure à tous les niveaux, la revue de l’organigramme du CNHU, la définition des tâches, la gestion au quotidien des recettes du centre (affichage systématique et journalier au personnel), la régulation de l’usage des téléphone pour limiter les dépenses en la matière, la maintenance régulière des appareils, l’amélioration de l’alimentation des malades, la réorganisation et la transparence dans la gestion du parc automobile de l’hôpital, la ponctualité et la régularité du personnel au service ont droit de citer dans cet hôpital grâce à la politique mise en Å“uvre par le directeur général qui parie redonner au CNHU ses lettres de noblesse avant la fin de son séjour dans ces lieux.    Dans le secteur de la santé, les efforts sont visiblement à la taille des défis à relever et les populations comme les acteurs ne nient guère l’évidence…
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            A Suivre dans notre Prochaine parution
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Comlan Paul ODAH

