Déjà 100 numéros ! Que le temps passe vite ! Qui l’eût cru ? Lorsque par un soir du mois de Septembre 2007, les promoteurs du quotidien Le Pays décidèrent de renvoyer tout le monde à la maison sine die et de surseoir à la parution du journal pour le remettre à des investisseurs étrangers qui auraient l’intention de créer un groupe de presse, le personnel d’alors, jeune et dynamique avait broyé du noir. Des mois durant, tout chamboulait autour de cette jeunesse pleine de vigueur à qui on arrachait la pitance quotidienne sans aucun centime de dédommagement, avec au surplus, un discours religieux saoulant. Ces fanatiques religieux qui citent Dieu à longueur de journée n’ont pas eu de pincement au cœur à jeter dans la rue des âmes vaillantes qui ont offert leur disponibilité, sacrifier leur temps pour que les choses changent dans ce pays. Le rêve s’éteindra-t-il aussi facilement ? Chacun dans son coin répondait tant bien que mal à cette préoccupation. Les heures s’égrenaient, les jours passaient et les mois se vidaient de leur contenu sans qu’aucune lueur n’apparaissent à l’horizon. L’édifice monté à coup de labeurs s’était-il définitivement croulé ? Apparemment oui. D’où allait-on sortir des millions de FCFA pour tout recommencer ? Combien de temps durera ce chemin de la croix et qui nous ressuscitera à la fin du calvaire ? Le serpent au bout du piquet se soulèvera-t-il du sol pour nous donner le salut comme jadis à nos ancêtres au désert avec Moïse ? Et voilà qu’au cœur de nos persistantes interrogations, une idée jaillie, celle de Ford : ” Détruisez mes ateliers mais laissez-moi mes hommes…car avec eux, je pourrai tout reconstruire. ” Nous avons donc compris que nous étions ces hommes-là au cœur du processus de notre propre régénération. Individuellement, nous ne pouvions certes rien. Mais collectivement, tout était possible. N-a-t-on pas prouvé que l’union fait la force. Nous avons alors multiplié les contacts, rencontré des amis, puisé dans nos économies pour enfin sortir le Label Pays Emergent. Pays pour rester coller à notre passé et à notre lectorat ; Emergent pour signifier que des profondeurs des abîmes, nous sommes en train d’émerger. Et puisque le contexte béninois s’inscrit aujourd’hui dans l’émergence, nous avons estimé que nous pouvions faire de notre journal, le portail de l’émergence au Bénin à travers des articles de fonds qui analysent et critiquent tous les actes qui se posent en vue de l’émergence du Pays. Ainsi vit le jour le Pays Emergent dans la construction d’un Bénin émergent. Comme des écoliers le premier jour de la rentrée, nous avons retrouvé l’ambiance des rédactions, les souris et claviers, les unités centrales et les ordinateurs, les séries de papiers rames et de bics, les appareils photos numériques et les enregistreurs. Avec ardeur et abnégation, nous nous sommes convaincus que nous pouvions prendre en main notre destin et que par le travail bien fait nous serions en mesure de renaître de nos cendres. Les numéros se sont succédés les uns après les autres avec chaque fois une visible amélioration. Nous avons à peine vu le temps passé. De 000 nous sommes aujourd’hui à 100 et des jours voire des années s’ouvrent encore devant nous si toujours soudés, nous continuons à lutter selon les règles de l’Art pour sortir des sentiers battus de la presse béninoise et tendre vers un professionnalisme plus pointu, soucieux de l’éthique et de la déontologie. Nous sommes aujourd’hui fier de dire à haute voix qu’aucun politicien ne peut se prévaloir du patrimoine Pays Emergent. Nous ne croyons plus aux promoteurs généreux qui savent maniérer comme dit l’artiste comédien ivoirien Gohou et qui jurent ciel et terre mais plutôt au travail bien fait seul créateur de richesses et d’emplois. C’est le lieu d’exhorter la jeunesse à une auto prise en charge pour lutter contre la pauvreté et la misère, le chômage et le sous emploi. C’est le lieu d’appeler à la mobilisation de toutes les forces vives de cette Nation pour qu’ensemble au travail chacun dans son domaine, nous construisions le Bénin Emergent, dans la paix et la quiétude, la tolérance et le partage. Quand on rêve ensemble, tout est possible.
Ulrich Vital AHOTONDJI

si des jeunes comme vous ont pu traverser ce desert, je crois qu’on peut compter sur la jeunesse béninois. il faut du courage pour reprendre à zero. Alors, je vous en felicite. Vous avez de l’avenir