Depuis quelques mois, la tension socio politique ne cesse de monter au sein de la classe politique et de la population béninoises. Il est, en effet, fréquent d’être témoin de déclarations tapageuses et fracassantes à la limite incantatoires de politiciens furieux les uns envers les autres, de violences verbales et de menaces à tout vent sur la quiétude des populations. L’atmosphère est devenu presque insoutenable et les leaders politiques de ce pays ont voulu se mettre dans la danse pour tenter de faire chuter la pression. C’est ainsi que les anciens Présidents du Bénin, Emile Derlin Zinsou, Nicephore Dieudonné Soglo, le député Séfou Fagbohoun, et bien d’autres personnalités ont été reçus par le Président Boni Yayi pour un dégel sans délai du climat socio politique ambiant dans le pays. La visite de Amoussou Bruno, président du Parti Social Démocrate(PSD) du Bénin le week-end dernier, s’inscrit dans cette vision de retour inconditionnel d’un meilleur climat. Celui là que les béninois appellent le Renard de Djakotomey(son village natal) pour sa grande intelligence et ruse politique ouvrira certainement de nouvelles perspectives au Président Boni Yayi dans le sens d’une décrispation rapide. Ayant capitalisé des années d’expériences avec le Général Mathieu Kérékou, ce vieux routier de la politique béninoise est sans nulle doute très indiqué pour des propositions sensées de sortie de crise. Seulement, il ne faut pas perdre de vue le fait qu’on joue sur un terrain politique et que le succès de Boni Yayi n’est pas forcement celui de Amoussou Bruno. Donc qu’il faille faire attention même si, a priori, la question de la paix et de la quiétude des masses laborieuses béninoises devrait rassembler toutes les filles et tous fils de ce pays. En tout état de cause, il n’est plus question de laisser des petites gens, des attardés mentaux, de moralités douteuses qui n’ont pas fini de régler leur compte avec la justice, des chefs gangs sans foi ni loi, des pilleurs de l’économie nationale se liguer comme des essaims d’abeilles pour menacer ouvertement de troubler la paix sociale. Ces pyromanes du processus doivent être mis hors d’état de nuire. Le peuple doit résister à leur plan machiavélique dont la finalité est l’assassinat de la démocratie acquise à coups de lutte et de sang. Ces godillots téléguidés par des forces de l’ombre et poussés par des iconoclastes qui n’ont de maîtres que d’argent et de puissance doivent savoir que nous n’avons qu’une seule Terre Natale. C’est pourquoi nul ne sera de trop dans ce combat pour la stabilité de notre démocratie. Amoussou Bruno, ce poids lourd de la politique nationale l’a certainement compris et est allé apporter sa pierre à l’édifice de notre démocratie. Ce qui se passe est assez grave et inquiétant si des béninois de chair et de sang, à qui il reste un minimum de dignité, ne se lèvent et disent non à la violence verbale, non aux propos injurieux, non au manque de respect à l’autorité publique. Car les pays qui ont connu la guerre ou qui connaissent encore la guerre ont tout doucement pris par ces étapes de vive tension sociale, de paroles outrageuses et de violence électorale. Il faut partant commencer à inviter la classe politique toute entière, le parlement en premier lieu à la culture de la non violence, de la paix, et de la concorde. Le peuple béninois est un peuple pacifique, un peuple mûr qui n’a pas besoin de défenseurs violents. Vue la colère, le fiel et la rage qui se dégagent des déclarations poudrières de certains gredins de la politique nationale, on se demande si c’est pour le peuple que tout cela se dit et se fait. Le peuple béninois a t-il réellement un enjeu dans ces intrigues ? A y voir de près, les gens se battent pour des intérêts tout à fait étrangers aux préoccupations du béninois lambda. Ce peuple ne demande que les deux P : le paix et le pain.
Vital AHOTONDJI
