Depuis un certain temps, une tension vive règne à l’Assemblée Nationale et est essentiellement caractérisée par des intrigues politiciennes d’un certains groupes de députés qui veulent de la destitution du président Mathurin Nago. Dans cette atmosphère délétère fortement marquée par des déclarations mensongères et d’intoxications, le premier vice président de l’assemblée André Dassoundo a apporté des clarifications pour éclairer l’opinion publique
On assiste ces derniers temps à une campagne de presse qui pourrait ternir votre image au sein de l’opinion publique. Qu’en est-il exactement ?
Ternir mon image, oui, mais ternir aussi l’image de l’Assemblée nationale et du coup, l’image du président de la république. Au fait, les « Forces cauris pour un Bénin émergent » constituent une force incontournable. Car, elles constituent la première force politique actuellement et il fallait trouver quelque chose de l’intérieur en son sein pour la déstabiliser. Et donc, c’est pour cela que vous apprenez tout ce qui est dit actuellement. Malheureusement, c’est fait par des journalistes qui n’approfondissent pas les réflexions et les enquêtes. Ils disent qu’ils se forment au sein des Cauris des dissidences. Qu’on aura encore un autre «G» ! Je crois que c’est des tentatives seulement pour déstabiliser les Forces cauris, la majorité parlementaire et le président de la république. Il n’y a rien de cela. Malheureusement, à force de répéter et à force de continuer de taper sur l’opinion, les gens finissent plus ou moins par y croire. Et ça crée une atmosphère de suspicion et de méfiance entre les Cauris. Je pense que nous devons prendre de la hauteur pour comprendre que c’est l’adversaire qui est derrière tout ça. Parce que l’adversaire veut nous nuire politiquement, il dit des choses qui ne sont pas vraisemblables. Sinon, effectivement, j’ai rencontré le président de la république dans la nuit du mercredi. Nous sommes un certain nombre à le rencontrer et il n’a jamais été question de la succession de Nago. Il n’a jamais été par ailleurs question de Dassoundo qui va remplacer Nago.
« JE VOUDRAIS DIRE DÈS CET INSTANT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET AU PRÉSIDENT NAGO QUE DASSOUNDO N’EST PAS CELUI QUI PEUT ÊTRE UTILISÉ POUR DÉSTABILISER LE PARLEMENT. »
J’étais surpris de constater le lendemain que la presse en a fait écho. Et je pense que ça participe de la même logique de déstabilisation de la majorité, de la même logique de casser la majorité parlementaire et de mettre ses ténors en difficulté. Mais, je vous dis que cela ne se passera pas. Parce que nous sommes des politiciens avertis. Au sein de la majorité, nous sommes mûrs actuellement et vous pouvez compter sur nous. Je voudrais dire dès cet instant au président de la république et au président Nago que Dassoundo n’est pas celui qui peut être utilisé pour déstabiliser le parlement. Dassoundo est un homme qui a participé, qui a organisé, qui a orchestré la venue du changement et nous ne pouvons pas nous arrêter en si bon chemin. Que les uns et les autres prennent leurs responsabilités. De toute façon, nous, nous prenons la nôtre et nous savons que rien ne nous arrivera. Au parlement, nous continuerons à travailler normalement et le changement poursuivra son cours.
Par rapport aux négociations en cours, pour ramener la paix, non seulement dans l’hémicycle, mais dans l’ensemble du pays, où en est Fcbe ?
Les Forces cauris pour un Bénin émergent ont entrepris de prendre des contacts tous azimuts. Et vous avez donc constaté que depuis un moment, je suis resté suffisamment calme. Calme, non pas parce que je n’ai pas envie de parler, mais, parce que je sais que nous avons besoin de sérénité pour les négociations. Et le tapage, les prises de position incendiaires n’arrangent rien dans un parlement. Parce que tout fonctionne dans un parlement à base d’une majorité. Et tant que vous n’avez pas la majorité, vous ne pouvez rien faire.
IL NE FAUT EXCLURE PERSONNE. IL FAUT DISCUTER JUSQU’AU BOUT. »
C’est pour ça que nous avons entrepris d’être calme et de continuer les discussions avec toutes les composantes du parlement. Naturellement pour ceux qui ne sont pas politiques et qui ne savent pas lire les choses, on pense qu’à cause de notre facilité de contact avec les uns et les autres que Dassoundo pourrait basculer dans tel ou tel camp. Mais non, moi je pense que nous sommes suffisamment mûrs pour faire le travail politique. Et c’est cela que nous faisons actuellement. Et je pense que nous avons des résultats, puisque, nous arrivons à parler à tout le monde. Nous savons où sont les intérêts des Forces cauris et ce que nous devons faire pour que les Forces cauris réussissent. Naturellement, comme vous le savez, tous les cadres des Forces cauris ne savent pas ce que c’est que les subtilités politiques. Les interprétations sont donc rapides à faire. Mais croyez-moi, nous sommes suffisamment sereins pour avancer. Les négociations vont bon train et je pense qu’à part cela, il ne faut exclure personne. Il faut discuter jusqu’au bout. Il faut faire en sorte que ce soit les gens que nous avons en face eux mêmes qui décident de ne pas venir. Mais nous, a priori, nous discutons avec tout le monde, puisque personne n’a dit officiellement qu’il est dans l’opposition. Nous pensons que tout le monde peut être touché et être contacté et tous ceux qui voudront venir pour la construction de la nation, les portes leur sont ouvertes. Les portes du gouvernement sont ouvertes pour faire participer tout le monde à la construction de la nation.
On parle actuellement d’ouverture. Est-ce que cela passe par exemple par la formation d’un nouveau gouvernement ?
C’est évident que là où nous en sommes, nous avons besoin d’ouverture. Et je pense que le président de la république en est conscient. Nous avons besoin d’ouvrir le gouvernement, de parler avec les autres composantes politiques de la nation pour pouvoir mettre tout le monde en position de travail. Il faut que tout le monde mette la main à la pâte pour la construction du Bénin. Le président de la république étant conscient de cela, nous, nous avons les mains libres pour prendre les contacts nécessaires pour qu’on atteigne ces objectifs. Que tous les partisans du président de la république, que tous ceux qui sont des acteurs de la politique pointue se mettent au coude à coude et comprennent que si l’adversaire veut vous diviser, il utilise la désinformation et l’intoxication. On peut vous utiliser vous-même pour vous casser. Et il faut être mentalement et politiquement au point pour pouvoir comprendre que l’adversaire peut utiliser des méthodes pernicieuses pour mettre la suspicion dans vos rangs. En ce qui me concerne, je suis serein et je pense que le reste de la troupe pourra suivre pour que le Bénin puisse être construit.
Ken EGBIN


