La tension sociale qui paralyse tous les secteurs de l’administration cause indubitablement d’énormes préjudices économiques à l’Etat. La justice, la santé, l’éducation, etc…. sont cycliquement, touchés par des mouvements de grève perlés. La marche organisée avant-hier par la confédération syndicale des travailleurs du Bénin contre la mise en œuvre des nouveaux programmes (NPE) est le signe annonciateur d’une rentrée scolaire 2008-2009 tumultueuse. Les enfants vont avoir droit à des prolongations de vacances scolaires. Les auxiliaires et paramédicaux dansent à cœur joie dans la rue pendant que les malades sont livrés à leur propre et mauvais sort dans les hôpitaux. Les juges et les greffiers réclament leur droit en prolongeant innocemment les durées de détention de certains prévenus. Les responsables syndicaux sont devenus accros des caméras et des micros. Et comme par coïncidence, ces mouvements se sont accentués et durcis avec l’intensification de la crise au parlement. Crise dont l’essence n’est rien d’autre que les conflits d’intérêt qui, traditionnellement, opposent majorité présidentielle et opposition, dans tout pays et dans toute démocratie qui se respectent bien. Il serait difficile aux responsables syndicaux de faire croire à l’opinion publique que le durcissement de leur position à mesure que la crise politique s’accentue est le fruit de hasard. Et c’est à juste titre qu’on se demande si les syndicats, aussi légitime que soient leurs revendications, aussi sincères soient-ils, ne sont pas d’une manière ou d’une autre des marionnettes de groupes d’intérêts qui les manipulent à leur grée ? Si le droit à la grève est un principe et un acquis non négociable, il n’en demeure pas moins qu’il faut toujours aussi des motifs objectifs avant toute cessation de travail. Car en définitive, de combien de ressources dispose le Bénin pour satisfaire à l’aspiration légitime de tous ses employés de vivre aisément ? Les travailleurs passent plus de temps à réclamer leur droit qu’à remplir leur devoir. On se demande donc s’ils sont conscient du fait que c’est le fruit de leur travaille qui leur serait reversé comme droit.
Dieu-donné KATAKOULA
