Les propos du Président Nicéphore Soglo rapportés par la Nouvelle Tribune N°1496 du vendredi 22 Août 2008 sont d’une extrême gravité et méritent une mise au point ferme. Pendant que tout le monde se lève comme un seul homme, une seule Nation pour la paix, il est inadmissible qu’un vieillard de son rang, tienne des propos aussi bas, aussi violents et très peu recommandables. Mais il est heureux de savoir que lorsqu’un vieillard ne connaît pas la valeur de ses cheveux blancs, ce sont les badauds et les crétins de la rue qui le huent. C’est peut-être ce à quoi on assistera bientôt si l’ancien président du Bénin tant aimé par bon nombre de cotonois et de béninois pour le remarquable travail abattu au lendemain de la conférence nationale du Bénin ne rentre dans sa coquille qui se vide malheureusement de plus en plus. Cet homme que le peuple béninois a accueilli en 1990 à bras ouverts et qui s’est illustré par un sens du travail bien fait, ce gestionnaire attitré a fini par décevoir les uns et les autres par sa gestion calamiteuse des ressources humaines. Soglo qui a été victime de la politique politicienne, excelle aujourd’hui dans cet art qui a aliéné ce pays et retardé sa croissance. Un intellectuel de ce rang doit être scrupuleux et pointilleux sur les mots et les terminologies qu’il utilise. Dire comme le président maire que les résultats de la cour suprême sont une déclaration de guerre, semble irresponsable. Déjà le mot guerre pris en lui-même et en suite dans le contexte est impropre, malsain et vicieux. Le petit Larousse définit la guerre comme une lutte armée entre États; le dictionnaire explique que la Déclaration de guerre est la situation de conflit que cette lutte implique. Utiliser l’expression déclaration de guerre comme l’a fait Nicephore Soglo, C’est donner raison à Damilaville qui écrivait que la guerre, est un fruit de la dépravation des hommes; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique. Ceci est d’autant plus inquiétant qu’il s’agit de la Cour suprême, seule institution habilitée à régler le contentieux électoral en matière d’élection locale. Or cette cour était bien installée avant l’arrivée de Boni Yayi. Elle est dirigée par des cadres qualifiés, des béninois bon teint bon sang qui n’ont pas vraiment à s’inquiéter de leur avenir comme les politiciens puisque sollicités d’abord par leur compétence. Et sachant que les hommes se battent généralement pour le ventre et le bas ventre et les plus ambitieux pour le pouvoir, on se demande pourquoi la cour suprême se laisserait-elle manipulée par Boni Yayi ? La qualité de leur formation leur confère déjà le pouvoir et le pain quotidien. Jeter gratuitement de l’opprobre sur une institution d’Etat de cette manière là frise la frivolité, l’irresponsabilité mais surtout le désespoir. Avec un peu de recul, on comprend aisément pourquoi certains politiciens voulaient illico presto l’installation des conseils communaux en dépit des multiples recours existants. Il fallait faire les choses dans la précipitation pour empêcher une vérification minutieuse des résultats qui allait conduire à la découverte des pots aux roses. Au lieu de s’en prendre à la cour suprême, Soglo devrait demander des comptes à la cena. S’il se refuse consciemment à le faire, c’est dire qu’il accorde plus de crédit au sale boulot abattu par la cena. Et dans ce cas, on se demandera s’il n’y a pas des dessous de table à élucider. Lorsque Le président d’honneur de la Renaissance du Bénin (Rb) et maire de Cotonou, Nicéphore Soglo, très furieux contre la décision de la cour suprême attribuant quatre sièges à Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dans l’arrondissement de Godomey, affirme que « c’est une déclaration de guerre du pouvoir en place que de priver son parti de quatre sièges à lui attribués par la Cena. », on sent un amalgame. Pourquoi veut-on lier les résultats de la cour suprême à la main invisible du pouvoir de Boni Yayi, déterminé à contrôler, contre vents et marées, la commune d’Abomey-Calavi. Pourquoi le maire de Cotonou, Nicéphore Soglo s’en prend-t-il au régime de Boni Yayi qu’il accuse de vouloir instrumentaliser la Cour suprême, après en avoir fait pour la Cour Constitutionnelle. Si encore Soglo s’en arrêtait à la cour suprême, on comprendrait sa douleur. Mais s’en prendre également à la Cour Constitutionnelle, le dernier recours, c’est une déclaration d’une rarissime gravité. Il faut tout de suite mettre fin à cette propension qui tente de décrédibiliser la cour constitutionnelle, car si on en venait à spéculer sur les décisions de la haute juridiction, on finira par mettre à mal la démocratie. C’est pourquoi Soglo doit faire preuve de plus de maturité politique et calmer les ardeurs de ses partisans au lieu de commencer à les inciter à la désobéissance comme on peut le lire en filigrane dans son questionnement de savoir ce qui adviendrait si les conseillers dont les sièges sont ainsi invalidés refusaient de se plier à la décision de la Cour suprême. Au nom de quoi refuseraient-ils ? Même des proches de Soglo ayant requis l’anonymat ont estimé que ces déclarations sont mal à propos. Que les cheveux blancs soient réellement synonymes de sagesse et que la raison prime toujours sur la passion. Le peuple veut la paix et non la guerre !
Vital AHOTONDJI

