Du nouveau ! Un site panafricain d’information, d’analyse et de revue de presse composé d’une équipe internationale affairée à la rédaction d’articles autonomes et à la couverture de l’actualité nationale béninoise et internationale est né. Il s’appelle Sika info dont la direction de publication est assurée par Monsieur Guillaume ADOUVI. En prélude à son lancement, monsieur Guillaume Adouvi a publié une chronique que vous pourrez retrouver dès ce jour sur ledit site.
Le peuple béninois et les bailleurs de fonds
au cœur du pandémonium institutionnel
Par Guillaume ADOUVI – Directeur de publication de Sika info.
Le Dr Boni Yayi et son gouvernement ne pouvaient pas se résigner à perdre la trentaine de milliards de francs cfa des fonds arabes âprement négociés. Ils devaient assumer leurs responsabilités face à l’émoi des populations touchées par le phénomène de l’érosion côtière. Et face à la posture incongrue et ambiguë des députés – qui ont forcement raison de faire ce qu’ils peuvent pour être rempli dans leur droit sur d’autres champs, qu’il aurait fallu ne pas confondre avec l’intérêt national -. Une impérieuse nécessité s’imposait donc au Chef de l’Etat et son gouvernement : la prise d’ordonnances.
Aussi comme du pain béni, juste après que les sages de la Cour Constitutionnelle aient jugé anticonstitutionnelle la décision d’ajournement sine die du vote des dossiers relatifs à la ratification des accords de prêts concernant la lutte contre l’érosion côtière et l’adoption du code d’investissement public, l’exploit de l’adoption des textes par ordonnance fut permis. Non sans controverse, paraîtrait-il, même en conformité avec certaines dispositions constitutionnelles !
Le Président de la République a aussitôt, usé de ses prérogatives constitutionnelles, conformément aux dispositions de l’article 68 de la constitution, en faisant adopter par ordonnance les quatre textes. Alors que les dossiers incriminés seraient toujours pendants devant le bureau de l’Assemblée nationale, selon certaine source. D’où la controverse et la passe d’arme attendue au sein de l’Hémicycle dès ce mardi 29 juillet.
Aux termes du dernier alinéa de l’article 68 de la Constitution, le parlement se réunit de plein droit en session extraordinaire après la prise des mesures exceptionnelles.
Ce faisant, aux termes des dispositions de l’article 69, les députés doivent se retrouver pour fixer après un vote de 2/3 le délai au terme duquel le président de la République ne peut plus recourir aux mesures exceptionnelles. Car, ces mesures particulières ne se justifieront que lorsqu’elles conserveront leur caractère strictement exceptionnel et pour autant que l’exception ne devienne pas la règle.
C’est à cet exercice que les parlementaires vont s’atteler ce mardi 29 juillet 2008.
Dès lors, l’occasion sera donnée aux élus de la nation de porter leur jugement sur les mesures exceptionnelles prises par le Chef de l’Etat et son gouvernement. Les débats s’annoncent très houleux car d’aucun pensent que les députés qui viennent de perdre la face, ne vont pas pardonner cette manière inélégante mais constitutionnelle d’adopter les textes législatifs par le gouvernement et son Chef. Le Chef de l’Etat, longtemps dominé par la nouvelle opposition très musclée, vient d’ouvrir la marque et le score est pour l’heure sans appel, 4 but à 0. Quatre ordonnances alignées coup sur coup pour faire le break, en attendant d’autres chauds sujets et projets qui ne manqueront pas de transiter devant le Parlement, et ce sera, peut-être l’occasion de la réponse du berger à la bergère. A quand donc le retour aux bons sentiments patriotiques ? Et l’armistice, c’est pour quand ? Je me suis intéressé non sans effroi aux dispositions de l’article 147 de la constitution, qui stipule que : le Chef de l’Etat, ne peut engager notre pays, surtout lorsqu’il s’agit des accords de financement ; il faut une ratification par l’Assemblée nationale. Quand il s’agit des accords engageant les finances publiques, il n’y a que l’Assemblée nationale pour donner à cet acte, un caractère international (…)
Nos partenaires et bailleurs de fonds apprécieront bien ces spectacles désopilants à leur juste et cynique valeur. Car un prêt ratifié par ordonnance, n’engage que pour peu, et un Parlement hostile et malveillant peut toujours refuser de l’honorer à terme. Quel généreux bailleur voudra miser un kopeck sur le Bénin, tant que perdurera cette vilaine situation ?



Tout simplement édifiant, votre article, cher monsieur. Pour une fois je suis d’accord avec le Chef de l’Etat. Nos députés ont poussé le bouchon trop loin ce coup-ci.Salut aux potes et fidèles lecteurs du pays émergents
Bon vent à sika info.