L’ancien ministre de la défense nationale Pierre Osho était l’invité de l’émission hebdomadaire de la télévision Canal 3 Bénin « zone franche » d’hier. Depuis sa démission du gouvernement du Général Mathieu Kérékou à la veille des élections présidentielles de mars 2006, l’homme d’Etat s’est effacé de la scène politique du pays laissant croire aux béninois qu’il a eu sa retraite politique. Erreur ! Car, le ministre Pierre Osho a montré sur le plateau de la télévision qu’il suit de près l’actualité politique du Bénin et qu’il est encore capable d’apporter quelques choses pour l’apaisement de la tension sociopolitique que traverse actuellement le pays.
En effet, l’ancien ministre après avoir fait revivre les circonstances de sa démission du gouvernement défunt,a passé au peigne fin l’actualité politique nationale. De l’organisation des élections législatives en passant par celles présidentielles aux consultations controversées d’avril et de mai 2008 sans oublier le blocage du parlement et la crise alimentaire, le ministre Osho s’est également penché sur la gestion des affaires publiques par le Président Boni Yayi notamment son engagement dans la lutte contre la corruption. Selon lui, sa démission a son fondement dans les agitations du ministre de l’économie et des finances d’alors Cosme Séhlin lorsqu’il avait résisté à mettre les moyens à la disposition de la Cena 2006 pour l’organisation des présidentielles. « je ne suis pas un retraité politique, je suis plutôt allé provisoirement en retraite… », a-t-il déclaré comme pour dire qu’il est prêt pour encore servir l’Etat béninois, pourquoi pas au sein de l’équipe gouvernementale. Pour le ministre Osho, le Président de la Cena 2008 aurait pu dire aux béninois les stratégies par lesquelles son équipe a organisé les élections municipales jusqu’à la proclamation des résultats définitifs du scrutin. Toute fois, le ministre n’a nullement approuvé les irrégularités qui ont caractérisé ces résultats et qui suscitent actuellement assez de polémiques. A ses mots, la non installation des conseils communaux est contraire aux recommandations de la loi mais le Président Boni Yayi et son gouvernement en sont excusables au regard des troubles qui se dessinaient au sein des populations surchauffées au lendemain des résultats taxés de catastrophiques. Le gouvernement aurait pu initier des tournées dans les localités à risque pour calmer les esprits et installer les conseils communaux en attendant le verdict de la cour, a conseillé Pierre Osho. Aux honorables députés, le ministre conseille l’apaisement de la tension politique en vue du Développement du Bénin. La non installation des conseils communaux a été mise en avant des arguments pour bloquer les activités parlementaires sinon, ils ont des raisons qu’ils cachent au peuple, a-t-il dit. Se prononçant sur la crise alimentaire qui secoue le Bénin, à l’instar de plusieurs d’autres pays du monde, Pierre Osho a fait remarquer que cette situation n’est pas imputable au régime en place ; car c’est une crise qui a ses causes sur le plan international.
Paul ODAH

