Les financiers toutes tendances politiques confondues comprendront aisément le langage qui se tient ici et qui n’est pas nécessairement du goût des syndicalistes vu qu’il attire l’attention sur une augmentation hasardeuse de la masse salariale soutenue par le trésor public. Il est connu de tous que lorsqu’un particulier vit au-dessus de ses moyens, il court le risque de tomber dans la frivolité, le vol, le gangstérisme et ses corollaires. Autrement dit, lorsque vous gagnez 10FCFA, vous ne pouvez et ne devez pas dépenser 15FCFA. Cela n’a pas de sens et n’a tout au plus qu’un nom : c’est du vol. Ipso facto, un Etat ne saurait vivre au-dessus de ses moyens surtout dans un espace économique régional où toutes les économies se tiennent et s’équilibrent pour ne pas s’effondre ensemble. Aujourd’hui, les pays de l’UEMOA ont l’obligation de contrôler leurs dépenses par rapport à leur recette budgétaire afin de maintenir leur monnaie stable. Dans le cas contraire, le déséquilibre causé par un seul Etat peut provoquer la chute du FCFA dont la conséquence directe est la dévaluation de la monnaie. L’Etat béninois qui doit se pencher aujourd’hui sur les revendications syndicales ne peut donc le faire sans prendre en compte ces paramètres essentiels de la vie au sein de la communauté UEMOA. En clair, le gouvernement, malgré sa bonne volonté, ne pourra donner plus que ce qu’il a. L’adage n’a-t-il pas dit que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Il s’agit donc de faire très attention dans la prise des décisions liées aux revendications syndicales pour ne pas tomber dans une crise plus profonde et plus catastrophique que celle que le monde traverse actuellement. Le gouvernement du Dr Boni Yayi que certains politiciens accusent à tort ou à raison de naviguer à vue et de prendre des décisions à l’improviste fera ses preuves dans la gestion de la crise actuelle et des revendications légitimes des syndicats. Car il faut reconnaître que les béninois vivent mal. Ils mangent à peine à leur faim. L’accès à l’eau potable, au téléphone et même à l’éducation, malgré les efforts du gouvernement, restent un luxe pour beaucoup encore. Augmenter les salaires dans la mesure du soutenable, c’est un fait. Mais le plus important sera de créer de la richesse pour faire face à la crise surtout lorsqu’on sait que les recettes du Bénin sont essentiellement d’ordre fiscal puisqu’elles représentent environ 90% des ressources internes. Nonobstant leur amélioration suite aux différentes mesures d’élargissement de l’assiette fiscale et des mesures de meilleure gouvernance, le Bénin n’est pas capable de juguler en l’état, la crise qui secoue le pays. C’est pourquoi, il devient nécessaire de changer les critères d’affectation des ressources nationales et de réorienter leur affectation vers les secteurs productifs pour plus de richesses. Ainsi on aura contribué à l’amélioration sensible des conditions de vie des populations et à la réduction de la Pauvreté sur des bases durables.
Vital AHOTONDJI


