A travers une communication en Conseil des Ministres N°024/Mpdeap/Dc/Cte/Sp-C du 10 mars 2008, les travailleurs du Port Autonome de Cotonou constatent que l’on veut profiter de la Proposition de services de conseil et d’assistance de la Société Financière Internationale (Sfi), filiale de la Banque Mondiale pour la mise en œuvre des réformes au Port de Cotonou qui conduira à la mise en concession de leur entreprise. Les travailleurs disent alors halte à ce montage.
Le contrat de service d’assistance entre le gouvernement et la Société Financière Internationale (Sfi) va au travers des intérêts du Port et de la nation, ont dénoncé les travailleurs du Port Autonome de Cotonou (Pac) qui y voient un contrat léonin.
En effet, ils ne comprennent pas pourquoi le gouvernement associe le volet ‘’Revue stratégique des activités commerciales du Pac’’ à la mission principale de la Sfi qui est l’assistance au gouvernement du Bénin dans la structuration et la mise en concession des nouveaux postes à quai. Une opportunité que saisit déjà la Sfi en mettant des clauses contraignantes dans le contrat d’exécution dudit projet pour ensuite rendre la mise en concession du Port de Cotonou irréversible. Ce que les travailleurs ont très tôt compris et ont décidé de déjouer ce jeu malsain.
Car, pour eux, le Pac n’a plus besoin d’autres études complémentaires pour être le pôle central et la grappe structurante prioritaire de l’agenda pour un Bénin émergent. Cet attachement au développement du Port de Cotonou qui est d’ailleurs une priorité, une passion voire une obsession pour le Chef de l’Etat à cause du statut de poumon de l’économie nationale qu’a le Port de Cotonou ; ce vœu peut être facilement réalisé grâce aux recommandations des différentes études et formas (Séminaire gouvernemental sur la relance des activités au Port de Cotonou : Meilleure implication du secteur privé dans un cadre de régulation plus approprié ; Etude sur le système d’enlèvement des marchandises en vue des approches d’accélération; etc…)
Les travailleurs du Pac demandent alors au gouvernement de clarifier la position de la Sfi au Port de Cotonou et de la limiter seulement à la location gérance pour les deux postes à quai qui sont construits par le gouvernement sur financement Mca-Bénin ; et sa mise en concession en régime Bot pour les installations relatives aux deux postes à quai (terre plein et équipements divers). En effet, ces installations qui seront réalisées par le concessionnaire resteront dans le patrimoine du Pac au terme de la durée de la concession. Ce qui permettra de laisser un peu de temps à l’expérience en cours en matière de réformes institutionnelles au Pac et au Port de Cotonou à laquelle le Programme Mca-Bénin y apporte une contribution. Il s’agit là de donner une chance de succès à ces réformes pour une bonne perspective de développement pour le Port de Cotonou et sa participation dans les contreparties béninoises des fonds nécessaires à la mise en chantier du Bénin.
Il s’avère donc nécessaire que le gouvernement joue sa partition en mettant fin aux considérations politiques dans les préoccupations au Port de Cotonou. Ainsi, le Pac se serait débarrassé des forces qui le maintiennent dans un système statique qui lui ôte toute perspective d’avancement et de compétitivité telle que l’instabilité du fauteuil du Directeur Général du Pac. Autrement, le Syntrapac émet de sérieux réserves quant au plan de redressement en cours et qui frise une précipitation pour la mise en concession du Port de Cotonou.
Ken EGBIN


