Le Bénin accueille finalement l’ancien président Anjouanais, Mohamed Bakar. Chassé du pouvoir, il y a quelques mois par les troupes comoriennes appuyées par les forces de l’Union Africaines, Mohamed Bakar s’était réfugié à la Réunion, une île française. A sa grande déception, il a vu sa demande d’asile rejetée par la justice française qui l’a plutôt inculpé pour divers chefs d’accusation dont la détention illégale d’armes. Aujourd’hui, la situation de l’ancien homme fort des Comores semble se rétablir. Mohamed Bakar est apparemment au bout de ses peines. Le Bénin a accepté de l’accueillir comme lui-même l’a souhaité.
C’est donc un sentiment de soulagement qui doit animer actuellement l’ancien homme fort d’Anjouan, quand on sait que le gouvernement de son pays a, à plusieurs reprises réclamé son extradition afin de pouvoir le juger. Avec l’arrivée de cet hôte, le Bénin s’illustre une nouvelle fois comme étant une terre d’asile pour tous les Africains. Cependant, devrait-on offrir l’hospitalité à tout individu ? Même ceux qui ont trahi leur pays ? Aujourd’hui, il est clair que Mohamed Bakar au Bénin, c’est le nombre des anciens déchus et autres rebelles de tout acabit et de tout horizon qui grossit. En effet, plusieurs politiciens qui ne sont pas en odeur de sainteté dans leur pays séjournent au Bénin depuis des années en toute tranquillité. Le Colonel Bakar vient donc sûrement avec ses hommes de mains allonger le rang de ses hommes en conflit avec leur pays. Ce qui inquiète surtout dans l’arrivée de ce colonel putschiste est que la France qui a entretenu des relations avec ce lui pendant qu’il était au pouvoir et qui a des moyens de le surveiller, n’a pas daigné le recevoir sur son territoire, alors que le Bénin l’accueille à bras ouverts sous couvert sans doute de son caractère de terre hospitalière. Face à cette situation, on se demande ce que cela cache. Le gouvernement se doit donc de prendre des mesures adéquates pour informer et rassurer les Béninois sur les conditions dans lesquelles Mohamed Bakar doit séjourner au Bénin. La quiétude du Bénin en dépend. Après le colonel Bakar, à qui le tour ?
Comlan Paul Odah
