Il n’y a plus assez de jus pour tourner la machine du parlement. Du coup le délestage humain s’est installé et risque d’emporter les milliards des bailleurs de fonds qui n’attendent que d’être utilisés. Un certain nombre de députés G4,G13 et force clé ont en effet choisi de briller par leur absence afin d’empêcher le parlement de briller par ses fonctions originelles. Le palais des gouverneurs est désormais comparable à un espace vert où l’on va en balade de santé, se promener, prendre de l’air, siffler une bière et tapoter au passage une ‘wolosso’, entendez femme de joie. C’est malheureusement la conclusion à laquelle on parvient au regard de ce qui se passe aujourd’hui du côté de la capitale. En effet, à moult reprises, certains députés de la 5
ème législature ont boycotté la plénière devant aboutir à la ratification des trois accords de crédits dans le cadre du financement de la lutte contre l’érosion côtière. Lundi dernier, bien que présents dans l’enceinte de l’assemblée nationale, beaucoup de députés ont préféré le silence de leurs bureaux au vacarme des débats de la plénière. Conséquence, la plénière a été reporté faute de quorum. Quel sera alors le prochain scénario de ces hommes et femmes pourtant mandatés par le peuple pour œuvrer à l’amélioration de ses conditions de travail et d’existence ? A quoi devrait-on s’attendre à nouveau jeudi prochain où les députés sont encore attendus au sein de l’hémicycle ? Seuls le G4, le G13 et Force clé pourront répondre. Une chose est sûre, les indiscrétions révèlent que le boycott va continuer jusqu’à l’installation des conseils communaux et peut-être bien la destitution ou la démission de Nago. Pourquoi donc le gouvernement ne tranche pas définitivement la question des conseils non installés ? D’un côté, on peut dire qu’il serait plus responsable et profitable à l’Etat d’user de tous les moyens légaux que les textes lui confèrent pour installer les nouveaux élus afin de mettre fin au délestage du parlement. De l’autre côté, les députés ne devraient pas conditionner les ratifications à l’installation des conseils communaux. Car ils ont été élus pour voter des lois et contrôler l’action du gouvernement. Non pas pour bloquer le fonctionnement du parlement. Il doit y avoir d’autres moyens pour régler les comptes avec le pouvoir si tant est qu’ils estiment être brimés. Bloquer des accords de prêts aussi colossaux et vitaux pour les populations, c’est simplement applaudir la dégradation des côtes béninoises et encourager l’enlisement et la paupérisation des couches sinistrées. Les vrais perdants de cette situation sont inéluctablement les populations. Et les députés RB dont le parti gèrent la ville de Cotonou devraient prendre une part active dans les négociations qui aboutiront au vote de ces accords. Curieusement, on a l’impression qu’ils s’en fichent pas mal et c’est justement ce qui surprend plus d’un cotonois. Comment peut-on diriger une ville et refuser un financement qui vient développer notamment celle-ci ? c’est simplement absurde et la RB devait comprendre la taille de l’enjeu surtout en cette période d’inondation où comme dit l’autre Cotonou est à vau-l’eau ! Quand l’intelligence déserte le forum, la médiocrité s’installe et tout finit en dictature. Qu’il n’en soit pas ainsi au parlement béninois. Que donc la lumière soit et que le délestage s’éclipse !
Vital AHOTONDJI


