La recrudescence des mouvements de grève à l’ère du changement est devenue une profonde source d’inquiétude pour le commun des béninois. A moindre éternuement, on déclenche des mouvements de grève quelque fois sans service minimum avec pour conséquence des morts en cascades. Les syndicalistes, se faisant, affichent la dégoûtante image de personnes insensibles aux souffrances humaines et à la valeur sublime d’un être humain. On a plus l’impression qu’on s’acharne contre un homme pour l’abattre, pour régler des comptes et que sais-je encore ! Mais en réalité, les travailleurs de l’administration publique doivent comprendre que seul le travail libère l’homme et lui donnent les ressources nécessaires à sa croissance et sa subsistance. Rester à la maison des jours et des jours au motif de grève c’est simplement œuvrer à la régression du pouvoir d’achat du béninois lambda. Car la somme des activités de chaque secteur de l’administration publique contribue au renflouement des caisses publiques dont les fonds sont redistribués au prorata des catégories socioprofessionnelles. La multiplicité des grèves aujourd’hui au Bénin nuit gravement à la sincérité et à la crédibilité des mouvements syndicaux et par surcroît appauvrit dangereusement l’Etat qui risque de s’enliser si rien n’est fait. La grève annoncée de 48h qui va démarrer le mercredi prochain vient sans douter assener un nouveau coup à la trésorerie de l’Etat déjà claudicante. Et les syndicalistes qui ne veulent pas s’en arrêter là risquent de pousser si loin le bouchon que l’Etat ne soit plus en mesure d’assurer même le peu qu’il garantit aujourd’hui. Face à cette situation alarmante, les leaders syndicaux sont invités à plus de retenue dans le déclenchement des mouvements et le gouvernement doit très rapidement entrer en négociations avec les différentes centrales syndicales pour désamorcer la bombe. Rappelons à toutes fins utiles ce qui constitue l’essentiel des revendications syndicales :
1. La hiérarchisation des salaires des travailleurs des secteurs privé et parapublic suite au relèvement du SMIG intervenu depuis 2003 ;
2. Le relèvement du SMIG à hauteur de 25% dans les secteurs privé et parapublic ;
3. Le relèvement du point d’indice à hauteur de 25% dans les secteurs privé et parapublic ;
4. La suppression de la TVA sur les factures d’électricités et de l’eau ;
5. La réduction du train de vie de l’Etat et la suppression immédiate des Institutions budgétivores non prévues par la Constitution ;
6. Le respect scrupuleux des libertés démocratiques et syndicales ;
7. La prise d’autre mesure d’accompagnement aux fins de préserver le pouvoir d’achat des populations en général et des travailleurs en particulier ;
8. L’ouverture sans délai des négociations Gouvernements Centrales Syndicales avec la prise en compte effective des revendications des travailleurs.
V . Ahotondji


