Le Directeur Général de la Douane et des Droits Indirects du Bénin sort de son silence sur la gestion des fonds de l’escorte, qui a alimenté la polémique aussi bien à l’Assemblée Nationale qu’au sein de l’opinion publique. C’est à travers une interview qu’il a rétabli la vérité.
- Il y a eu une vaste polémique sur la gestion des fonds de l’escorte ; quand on parle de fonds de l’escorte, de quoi parle-t-on ?
Dg/douane
: Il s’agit en fait des taxes perçues par l’Administration des Douanes pour le compte du Trésor Public, donc de l’Etat au titre de l’activité d’escorte des véhicules d’occasion en transit vers les pays limitrophes du Bénin. En effet, sur chaque véhicule en escorte, il est perçu la Redevance de Suivi et de Contrôle (RSC) de 50 000F et les frais de Regroupement et de Convoyage (RC) de 25 000F CFA.
- Ces fonds existent depuis quand ?
Ces fonds existent depuis le 26 mai 2006, date à laquelle le Gouvernement du Changement dans sa volonté de conférer à l’Administration des Douanes toutes ces prérogatives en matière de transit, a décidé de la reprise de l’activité d’escorte par la Douane.
- Peut-on avoir une idée des montants que ces fonds généraient en moyenne par mois, avant Défis Emplois Jeunes ?
Il serait difficile de dire ici ce que cela générait. Cela nécessite un travail de recherche, puisque l’escorte était organisée par plusieurs opérateurs dont les redevances n’étaient pas toujours les mêmes.
- Quelle était leur destination ?
Je sais que ces opérateurs gagnaient beaucoup d’argent. Mais quelle en était la destination ? Je ne saurais répondre à cette question.
- Etaient-ils budgétisés dans le passé ?
Comment pouvait-on budgétiser des ressources que l’Etat ne percevait pas ? Seules ces sociétés peuvent nous dire aujourd’hui ce qu’elles ont fait de tout cet argent.
- Comment étaient gérés ces fonds ?
Comme je l’ai dit tantôt, la gestion de ces fonds était complètement étrangère à l’Administration.
- Pourquoi l’escorte avait été retirée à la Douane Béninoise ?
Vous savez la filière de véhicules d’occasion a commencé par prospérer aux début des années 1990. A cette époque, l’effectif de la Douane est tel qu’il lui était impossible d’exercer efficacement cette mission. C’est ainsi qu’il a été alors décidé de confier la mission aux opérateurs privés mais sous la supervision de la Douane.
- Comment l’escorte a-t-elle été confiée à la société Défis emplois Jeunes ?
Après les recrutements successifs à la douane et face au désordre et à l’insécurité routière que l’escorte engendrait le Gouvernement a décidé de réorganiser le secteur en confiant sa gestion à un comité dont le président était le Ministre en charge du Plan. Ce comité n’ayant pas abouti à des conclusions satisfaisantes a cédé place à la Société Défis Emplois Jeunes.
- Quel est le bilan qu’ont peut faire de la gestion de la Société Défis emplois jeunes ?
La Société Défis emplois jeunes ne versait à l’Etat que la TVA et l’Impôt sur le Bénéfice. Mais je ne saurais vous dire quel a été le montant versé par cette société durant l’exercice de cette activité. Seul le service des impôts pourra le dire.
- Pourquoi le Gouvernement du Président Boni Yayi a-t-il décidé de reprendre l’escorte ?
La reprise de l’escorte par la Douane participe de l’assainissement des Finances Publiques et des milieux d’affaires, condition sine qua non de la bonne gouvernance dont le Docteur Boni YAYI a fait son cheval de bataille.
- Combien génère l’escorte par mois depuis sa reprise par la Douane ?
De mai 2006 à décembre 2007, la douane a versé au Trésor Public 25.340.850.000 francs CFA au titre des recettes générées par l’escorte. Les prévisions de recettes pour 2008 s’élèvent à 22.082.600.000 francs CFA soit un peu moins de deux milliards de prévision de recettes par mois.
- Comment sont gérés ces fonds depuis cette reprise ?
A l’origine, ces fonds étaient exclusivement destinés à financer le Programme de Micro-crédits aux Plus Pauvres du Gouvernement. Mais, avec leur budgétisation, ces fonds concourent comme les autres droits et taxes perçus par l’Administration des douanes, à la réalisation des nombreux projets de développement initiés par le Gouvernement.
- Où sont logés ces fonds ?
Ces fonds sont reversés dans un compte du Trésor Public domicilié à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
- Pourquoi ces fonds ne sont pas dans les caisses du trésor public ?
Comme il a été dit plus haut ce compte est un compte du Trésor en tant que banque de l’Etat et dans les livres de la BCEAO. Vous savez bien plus que moi que la BCEAO est la Banque des Banques et toutes les Banques sont autorisées à y ouvrir un compte.
- Sont-ils budgétisés ?
Oui, ces fonds sont budgétisés depuis 2007. Ils font partie des recettes non fiscales du budget national.
- Une certaine opinion pense que ces fonds alimentent les caisses de la Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) proche du Chef de l’Etat ; Que répondez-vous ?
Je pense que de telles allégations participent des manœuvres politiciennes pour déstabiliser le Chef de l’Etat et son Gouvernement qui ne pensent chaque jour qu’à améliorer les conditions de vie des béninois. Je crois qu’il est grand temps de cesser de distraire les pauvres populations.
La politique a également besoin de la morale. La diffamation n’est pas le meilleur moyen pour accéder au pouvoir. Ce pays a besoin de tous ces fils pour le construire. Si dans le passé, ce fonds qui s’élevaient à des milliards de francs FCA sur plusieurs années entraient dans les poches d’une minorité et qui en avait goût, il est donc clair que cette minorité aujourd’hui aux abois voit d’un mauvais œil la juste répartition que fait le Gouvernement du Budget de ces fonds.
L’Inspection Générale de l’Etat (IGE) a mené en début de l’année 2008 des investigations quant au recouvrement et à l’utilisation finale des fonds d’escorte et en a conclu à une bonne gestion d’une manière générale.
J’exhorte alors les uns et les autres à plus de sincérité et critiques constructives pour faire du Bénin un pays émergent.

cet entretien avec le DG douane Bénin James SAGBO nous éclaire plus sur les différentes versions qu’on nous donne sur l’escort des véhicules d’occasions. Laisser parler les gens. Les mauvaises langues vont en fin se calmer. La diffamation n’est pas le meilleur moyen pour accéder au pouvoir: Bonne citation.Il faudra que chaque béninois médite sur celle ci.ça pourra nous aider à mieux penser si vraiment on aime notre cher pays et si surtout nous voulons que ça emerge. En tt cas que ceux qui ont des oreilles pour attendre entendent.