Plébiscité à sa propre succession à la tête de la municipalité de Parakou le 3 juin dernier, le maire Soulé Alagbé s’il veut aller bien sûr loin doit naturellement ménager sa monture et revoir sa politique de développement local.
Que reproche-t-on à l’ancien nouveau maire de Parakou ? Pas grande chose au point de se tenir la tête. Mais force est de constater que depuis sa première élection le 15 juin 2007 en tant que 3è maire de Parakou, Soulé Alagbé n’a pas accordé beaucoup de crédit à la dimension politique dans la gestion des affaires municipales. L’homme s’est toujours fait passer pour un technicien voire un manageur municipal ; puisqu’il est titulaire d’un DESS en management municipal obtenu en 2003 au Cesag de Dakar au Sénégal. Il est inconcevable qu’on soit à la tête d’une commune à statut particulier et prétendre ne pas faire de la politique. Cette attitude à la longue pourrait lui être préjudiciable et pourquoi pas fatal. Inutile de rappeler ici les tractations qui ont cours avant son élection. Malgré les démarches entreprises en direction des différents blocs formés pour la circonstance, rien n’était gagné d’avance. L’actuel maire n’avait pas pu rallier à sa cause le nombre de conseillers qu’il lui fallait pour se faire élire. Il a fallu la concession des autres blocs constitués comme celui de Mme Sinimbou avec ses dix conseillers, celui de Gbadamassi avec ses cinq conseillers et celui de Samou Adambi pour que l’unanimité puisse se faire autour de sa candidature. Il ne serait pas du tout exagéré d’affirmer que la majorité du maire Soulé Alagbé était réduite à la racine carrée des membres du conseil municipal ; soit cinq conseillers. C’est d’ailleurs cette triste réalité qui a permis à la coalition Sinimbou-Gbadamassi (avec 15 conseillers) de prendre les postes de 2
ème et de 3ème adjoints au maire au détriment de ce qu’on pourrait appeler la coalition Adambi-Sasif-Alagbé (avec 10 conseillers). Difficile donc de gérer une municipalité avec une telle majorité à géométrie variable et aux intérêts antagonistes. L’autre chose qui est reproché au locataire de l’hôtel de ville de Parakou est la lenteur observée dans la mise en place d’un véritable cabinet. L’agitation dont fait montre la cellule de communication réduite à un seul individu fortement décrié par bon nombre de professionnels des médias n’est pas occultée des griefs. Au niveau de la gestion administrative, on note au bas mot un disfonctionnement chronique. Des prestataires de service qui de par leur expertise accompagnent le développement local sont traités comme des affamés qui sont obligés de faire la courbette avant d’avoir leur du. La preuve, c’est qu’il y a de cela deux semaines, un des partenaires de la mairie de Parakou indigné par cet état de chose a dû adresser une correspondance à l’autorité pour exprimer son ral-le-bol. Sur le plan diplomatique c’est la désolation. Depuis le départ de l’hôtel de ville de l’honorable Rachidi Gbadamassi qui, il faut le rappeler de par son dynamisme à réussir à placer haut l’étendard de la municipalité de Parakou, la diplomatie offensive de la cité des Koburu bat de l’aile. Carrément elle dort ! On se rappelle sous le règne de Gbadamassi que la municipalité de Parakou a pu prendre devant Cotonou dirigée de main de maître par l’ancien président Nicéphore Soglo la présidence de l’association nationale des communes du Bénin (ANCB). C’est d’ailleurs ce titre qui a permis à son 1er
maire élu Rachidi Gbadamassi d’être élu membre du bureau de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Aujourd’hui, en dehors du partenariat conçu sous l’autorité de l’ancien chef de la circonscription urbaine de Parakou Aboudou Saïdi entre la ville d’Orléans en France et son homologue de Parakou au Bénin et dont les fruits sont tangibles, concrets et salutaires, plus rien. Les autres partenariats initiés jusqu’à ce jour ont du plomb dans l’aile et sont toujours à l’étape de projet. C’est le cas du projet de partenariat avec une ville hollandaise. C’est vrai que pour diriger une commune comme Parakou, il faut avoir une carte de visite assez fournie. Et c’est peut-être ce qui fait défaut au maire Soulé Alagbé, qui en dépit de tout est apprécié pour ses actions de développement et surtout son humilité et sa probité. Malheureusement le développement d’une municipalité ne peut se limiter aux valeurs morales de son responsable. Au contraire, il doit être conçu dans la tête, matérialisé sur papier avant de se traduire en acte sur le terrain. A propos, l’assainissement du cadre de vie des populations ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. La gestion efficiente des ressources humaines, la communication et le développement d’une diplomatie de charme, capable d’attirer un grand nombre d’investisseurs doivent être aussi mis à contribution pour l’émergence de la cité des Koburu.
Ayédjo


