Voter les lois et contrôler les actions du gouvernement, telles sont les missions cardinales des députés. Selon la constitution, les élus du peuple doivent ensemble avec l’exécutif œuvrer pour le bien être et l’épanouissement des populations. Ce à quoi les précédentes législatures se sont attelées avec dextérité. Malheureusement la présente législature installée depuis plus d’un an, ne remplit plus cette mission. Les intrigues politiques, les calculs égoïstes, la défense des intérêts partisans et personnels ont pris le dessus sur celle impérative des intérêts du peuple béninois. La session ordinaire qui s’achève n’aura seulement servi de tribune qu’à des déballages et du dilatoire. Les projets de ratification d’accords et de vote de divers codes dont le plus important est le code des investissements n’ont pu être effectifs, et bien malin qui saura prédire, si la session extraordinaire prévu pour démarrer dans quelques semaines permettra de vite expédier ces dossiers. Cette situation est due à la gestion politique de l’Assemblée Nationale. Le Président Nago, professeur agrégé de son état a connu jusqu’ici un parcours professionnel brillant qui le met au dessus de la mêlée. Il fait partie de la crème intellectuelle de ce pays, et du continent. Il a su cohabiter des années durant avec une grande variété de nationalités. Mais l’Assemblée est un haut lieu politique où on ne trouve que des solutions politiques aux crises politiques. Le parlement est un congloméra de personnes essentiellement guidées par des visées politiques. Et le président Nago le sait pour avoir été déjà député dans ce même parlement de 1995 à 1999. Dans une telle situation, c’est la capacité de négociation qui est la qualité première. Ce sont les compromis, les arrangements et la recherche du consensus qui font marcher les choses. Ce qui manque cruellement au professeur Nago aujourd’hui. En témoignent ses retraits purs et simples dans son bureau après les suspensions de séances. Des suspensions qu’il pouvait utiliser pour apaiser les uns et les autres avant les reprises. Mieux, depuis que la crise a commencé, il n’a pas pu, à en croire les dizaines de députés écoutés, établir un véritable pont entre les dissidents. Quelqu’un dont on a rejeté le rapport alors même que ce rapport est laborieux devrait savoir se remettre en cause et trouver des solutions de sortie de crise. Pour la jeunesse estudiantine, pour des centaines et des milliers de cadres béninois et africains ayant été formés par la compétence de Mathurin Nago, c’est simplement un spectacle désolant. L’éminent professeur d’université devrait pour son amour propre et sa dignité démissionner et laisser le Perchoir aux insatiables qui le veulent. Si à cause de sa simple présence au poste de Président de l’Assemblée Nationale, le pays doit être bloqué, il serait plus utile à la Nation loin de ce fauteuil qui, du reste, est très passager. Il ne faut pas qu’il donne l’impression d’être accroché à son poste comme un enfant à son jouet qui refuse de lâcher du lest. Le Président Nago, de par ses qualités intellectuelles est au-dessus de ces petites querelles de personnes et ferait mieux de partir en assumant son destin au lieu de se traîner dans la boue par des politiques aux intérêts inavoués qui diront au surplus qu’à cause de Mathurin Nago le parlement et tout le pays tournent au ralenti. Dans ce cas, s’il aime vraiment ce pays et est préoccupé par son évolution, Nago devrait déposer sa démission et laisser un autre compatriote faire ses preuves car l’artillerie déployée contre lui n’a apparemment pas de frein. Or, il faut quelqu’un pour arrêter la guerre. Il en va du développement du Bénin.

pour l’honneur de cet émérite professeur, il lui faut demissionner.Le pays est bloqué et cela ne l’honnore pas