Plus le temps passe plus le climat se dégrade entre Boni Yayi, Président de la République du Bénin et ses alliés d’hier. La crise est si profonde que beaucoup parmi les dissidents jurent ne plus vouloir saluer l’homme d’Etat porté au pinacle par les 75°/° de la population béninoise lors des élections de Mars 2006. Qu’est-ce qui a pu bien se passer en deux ans seulement pour qu’on observe un virement si spectaculaire des divers états-majors politiques du Bénin ? Les rumeurs circulent selon lesquelles le Chef de l’Etat n’aurait pas respecté les accords qu’il a contractés en venant au pouvoir. Mais jamais personne n’étale au grand jour le contenu de ces accords. Une chose est cependant sûre, la vielle classe politique comme on se plait à le dire aujourd’hui n’est pas associée à la gestion du pouvoir. Sans se poser ou se constituer en une opposition tranchée, les caciques de la politiques béninoises s’adonnent à des critiques violentes et ouvertes des méthodes et de la gestion du pouvoir sous Boni Yayi. La crise alimentaire mondiale et là, flambéedu prix du barile de prétole qui secoue surtout les pays d’Afrique vient compliquer les choses au leader du Changement Boni Yayi auquel les analphabètes attribuent l’émiettement de leur pouvoir d’achat. Bref, le Président en a plein la tête, les jambes et le cou. Les tirs se croisent et se décroisent avec pour cible unique Boni Yayi. On pourrait commencer à dire que la mafia insatisfaite donne l’alerte pour qu’on lui attribue la part traditionnelle de gâteau qui lui revient et que Boni Yayi, dans son combat pour le mieux être du plus grand nombre, semble ignorer. Mais au-delà de cette hypothèse très plausible, il faut considérer la qualité de certaines personnes qui se sont véritablement données par le passé pour le développement de ce pays et qui, aujourd’hui fustigent certaines actions du pouvoir. Même si on ignore certaines déclarations, il est des personnes qu’on écoute.
Aller à la rencontre des opposants
Le Chef de l’Etat se doit donc de prêter une oreille très attentive à certaines voix de l’opposition. Car, si la crise perdure, c’est le Bénin qui perd. L’enjeu est par conséquent de taille. Et il urge d’enterrer le moi, et tous ses corollaires pour ramener la quiétude sociale, gage de tout développement. Que peut-on faire en dehors d’une paix pérenne ? Quel développement le peuple Béninois peut-il espérer lorsqu’il y a des grèves perlées tout au long de l’année ? En vérité rien ne pourra changer sans les hommes, pionniers et architectes du progrès social et du développement économique. Pourquoi ne pas prendre l’initiative de mandater des hommes fiables, crédibles et suffisamment apaisés eux-mêmes pour ouvrir un dialogue franc, consensuel et prospectif, capable de déboucher sur une conclusion constructive, dans le sens d’un retour inconditionnel de paix et de la quiétude sociale dangereusement mises à mal aujourd’hui. On sait par exemple que les « opposants » réclament l’installation des conseillers communaux avant toute négociation avec le gouvernement. Mieux, ils ont bloqué le fonctionnement régulier du parlement pour que les conseillers soient installés. Qui aurait cru que le Président qui avait une majorité confortable à l’Assemblée Nationale verrait ses propres députés se liguer contre lui au point de cautionner le blocage du parlement ? C’est pourquoi, il faut aller à la rencontre des opposants et trouver un consensus le plus rapidement possible. Ceci parce que l’enjeu c’est le Bénin. Lorsque le Président Soglo avait commencé ses démêlées avec le Parlement en 1993, et qu’on attirait son attention, il ne comprenait pas. Il pensait que seul le travail abattu en cinq ans pouvait conduire à sa réélection. Il a appris à ses dépends en 1996 que les hommes sont mauvais, une vérité pourtant séculaire.
Installer les conseillers communaux
Le principal argumentaire qui constitue la pomme de discorde entre le pouvoir et les forces de l’opposition, c’est l’installation des conseillers communaux. Le gouvernement affirme vouloir apaiser la tension dans les communes avant de procéder à l’installation des conseillers. Une tension due aux diverses contestations de résultats enregistrées au lendemain de la proclamation définitive des résultats par la Céna. Les opposants pour leur part pensent que le gouvernement ne veut pas installer les conseillers des communes qui ne sont pas acquises à sa cause. Pour couper court à ce débat de sourds, il suffit que le gouvernement mette sur pied un comité qui rassemble les protagonistes au lieu de penser à un comité interministériel étranger aux véritables rebelles. Cela permettrait aux adversaires de mesurer la sincérité du gouvernement dans la gestion de ce contentieux électoral. Mais d’un autre point de vue, pourquoi ne pas simplement installer les conseillers en attendant que la Cour suprême délibère. On a vu avec quelle méthode le gouvernement a installé le DG PADME ou le DG Douane lorsque les syndicats des différentes structures s’étaient rebellés contre les nominations des responsables sus-visés. Force est restée à la loi jusqu’à ce jour. Le Gouvernement en toute constitutionalité n’a qu’à opérer le bon choix. Il en va de même sur le plan économique
Donner les mêmes avantages aux opérateurs économiques
L’une des actions qui fâchent certaines personnes est la politique de deux poids deux mesures qui se pratique par rapport à certains opérateurs économiques. Nos sources révèlent, en effet, que certains commerçants du fait de leur appartenance à une certaine frange politique sont différemment traités par les autorités du port et du ministère des finances sur les mêmes dossiers. Et puisque le tissu social est fortement soudé en Afrique et au Bénin en particulier, les opérateurs lésés finissent toujours par savoir ce qui se passe. Ils en déduisent donc que nous sommes dans un Etat-FCBE, FCBE étant le parti présidentiel. Pour construire le Bénin, émergent, il faut vraiment donner les mêmes chances et les mêmes opportunités aux acteurs économiques qui opèrent sur le territoire national, qu’ils soient nationaux ou étrangers, FCBE ou non. Les injustices du genre ne peuvent amener que de la frustration et de la rébellion. Le Président de la République doit veiller particulièrement à cet aspect de la gestion du pouvoir pour s’assurer le soutien permanent de la population dans sa reconstruction de l’économie nationale. Les privés sont, dans toute économie, un moteur de développement. On ne peut pas vouloir encourager l’investissement et brimer de potentiels investisseurs. On peut et on doit mettre les règles du jeu économique identiques pour tous.
L’incompréhensible
Pendant que les uns pensent que l’état fcbe monopolise tous les marchés, le constat semble être le contraire quand on aborde les opérateurs économiques alliés à cette formation politique. Ils disent ne pas comprendre comment- ils sont brimés par leur propre système. Au regard de cette situation, il faut dire que ” l’Etat Fcbe ” dit- on, est loin de gagner tous les marchés comme le prétendent les détracteurs
Accepter la différence
En choisissant de donner d’égales chances aux béninois , on ne fait qu’accepter l’autre dans sa différence. Car, ayant fait l’option d’une démocratie plurielle, le Bénin devra s’atteler à protéger les libertés qui s’exprimeront sur son territoire. Aucun pouvoir ne doit être orienter vers des tiers parce que ceux-ce ne chantent ses actions panégyriques. Au contraire, lorsque des voix s’élèvent pour penser le contraire de la majorité et proposer des alternatives, elles doivent être écoutées. On n’est jamais intelligent seul et comme le dit si bien l’adage, on a toujours besoin d’un plus petit que soit. Boni Yayi doit donc éduquer ceux parmi les cauris qui pensent qu’il n’existe point de salut hors des FCBE ! Pourquoi tout le monde devrait manger de la salade pendant qu’il y a aussi de la viande ? Accepter la différence, c’est promouvoir la paix et la quiétude sociale ; deux choses nécessaires au développement de notre Pays.
Se méfier des taupes
Dans le même ordre d’idées, le Chef du gouvernement doit prendre beaucoup de recul par rapport à son entourage immédiat. Car à l’allure où vont les choses, on a l’impression que beaucoup de taupes, d’intrus et d’incirconcis l’entourent pour le guider tout droit vers l’hécatombe. Voilà des cadres, des triples docteurs et des meilleurs, qui se plaisent à encourager le Président dans la prise de certaines décisions dénudées de toute utilité, dextérité, et constitutionalité. Pourtant, le Chef a une confiance si poussée en eux qu’il ne pourra jamais soupçonner qu’ils sont là juste pour nuire à son mandat. Ils ont eu le temps de s’incruster dans le système au point de se rendre indispensables aux yeux du Président qui leur donne la communion sans confession. Mais en réalité, ils sont là, comme dans toute présidence, pour créer les dysfonctionnements et déstabiliser le pouvoir en place. Méfiance et prudence, voilà deux mots qui en disent long.
Ecouter les vieux amis
Ce sont justement cette méfiance et cette prudence qui permettront à Boni Yayi de retrouver ses vieux amis d’avant la présidence, ceux-là qui ont été ses bons conseillers pendant longtemps et qui, a priori, ne vont pas cautionner son échec. Ces gens par milliers comparables à des essaims d’abeilles qui tentent de le prendre en otage ne sont pas vraiment ceux qui lui disent la vérité. Il faut un examen de conscience au Chef de l’Etat qui lui permette d’ouvrir les yeux du cœur et de la raison pour distinguer le bon grain de l’ivraie afin d’écouter les voix qui lui ont montré, par le passé, le droit chemin pendant même qu’elles n’avaient aucun intérêt particulier à tirer de son succès. Quand on est Chef, il faut écouter les deux parties avant de trancher. Quand on est Chef, il faut apprendre à écouter, à méditer, à discerner avant de décider.
Savoir encaisser sans réagir
C’est cette force intérieure de discernement qui permet au chef d’Etat d’encaisser tel un tas d’ordures, les injures et autres monstruosités que des gens aigris, des mafieux, des délinquants fiscaux déversent sur sa personne. La gestion d’un Etat est si complexe que même le cordonnier du coin de la rue peut s’en prendre au Président s’il ne trouve pas à manger, s’il n’est pas en sécurité, s’il manque de…….C’est pourquoi, aussi longtemps que le Président se passera de répondre aux accusations du tiers, il raffermira son autorité et travaillera à satisfaire peu à peu les exigences de ses compatriotes. C’est de la même manière qu’il ne faut pas se monter la tête avec les compliments de certains citoyens qu’il ne faut pas non plus tenir compte des insultes qui ne reflètent pas la vérité. Savoir encaisser sans réagir, c’est prendre avec mesures les critiques, en tirer les grains de vérité et se défoncer pour tendre vers la perfection. En définitive, Boni Yayi doit se mettre au cœur des débats actuels en ayant à l’esprit tous les paramètres abordés dans ce textes. C’est de lui seul que dépend l’issue heureuse de cette crise que traverse le Bénin depuis quelques mois. En d’autres termes, Boni Yayi est la solution de son problème.
Par Ulrich Vital Ahotondji

Une analyse parfaite qui prend en compte tous les compartiments de la politique nationale. Il est vrai que c’est Boni yayi qui est le seul habileté à dégeler cette crise persistante. En bon pere de Nation, il lui revient de calmer les siens et de ramener la balle à terre. Toutesfois, il doit continuer la voie des reformes engagées depuis avril 2006