Le Bénin traverse une profonde crise d’insécurité. Manque criard de personnel, insuffisance de matériels et d’équipements, absence totale de moyens financiers, pénurie de carburant dans le moteur de la recherche sécuritaire, défaillance au niveau de la formation de certains cadres, bref, le tableau est tout noir. Comme disait un commissaire de la place, la sécurité d’une Nation s’achète pour signifier qu’il faut mettre de gros moyens en place si l’on veut réellement garantir la sécurité des citoyens. Le Bénin aujourd’hui en matière de sécurité est comparable à une agriculture rudimentaire où l’on utilise encore des roues et coupes-coupes, la daba et les piquets. Même si on n’utilise plus les armes artisanales, c’est tout comme. Que peut-on alors reprocher à un ministre de la sécurité si les braquages se multiplient, si les vols à mains armées restent sans suite ? Un homme, une mission, des moyens, voilà l’équation de la sécurité. Qui a dit qu’il n’y a pas de vols, de braquage, ou de viols à Paris, à Washington ou à Munich ? Au lieu de blâmer les autorités, demandons au parlement et au gouvernement d’accorder un budget à la hauteur des exigences du peuple béninois. Si les américains dépensent une fortune pour assurer la quiétude de leurs populations c’est que la volonté politique en a fait une priorité. Aujourd’hui, il faut sortir une stratégie globale de la sécurité au Bénin qui tiennent compte des bandits, des enfants, des gangsters, des prisonniers, des bonnes dames etc .C’est a cela que s’attelle le ministre Hessou et ses collaborateurs. Il faut vraiment mettre tout le monde à contribution pour démanteler les velléités de gangstérisme et surtout prévenir l’incident. Après avoir associé toutes ces composantes, il faut financer la recherche et la formation des cadres et enfin leur donner les outils sophistiqués qui les mettent au-dessus de toute attaque éventuelle. Pendant que le policier béninois manipule la matraque, le bandit se pointe avec une arme de dernière génération. Que peut-on attendre de quelqu’un qui a à charge une famille et dont la disparition fera voler en éclats les illusions de toute une génération et surtout sachant qu’il n’est nullement assuré. Il aura droit tout au plus à des titres posthumes décernés avec l’hypocrisie des cérémonies officielles qui cachent la puanteur de l’existence quotidienne de ces braves et valeureux patriotes ! Non, il ne peut que s’aplatir sur le sol implorant Allah et Mahomet s’il est musulman, Marie-Jésus, Joseph s’il est Chrétien, Sakpata, Ogu, Hêviosso s’il pratique les religions traditionnelles. Et il aura bien raison de le faire. C’est pour dire que la question de la sécurité est bien plus complexe que ce que le commun conçoit. Il faut vraiment s’y prendre tôt et se donner les moyens de sa politique. Dans le même temps, et comme dans toute profession, il urge de lutter contre les brebis galeuses du corps qui non seulement commettent des bavures dignes d’une autre époque, mais encore qui se donnent le luxe d’utiliser les armes de l’intimidation et de l’arrogance pour brimer leurs victimes.
Ulrich Vital AHOTONDJI

