Le dernier trimestre de chaque année scolaire est la période par excellence où les établissements secondaires publics et privés de la ville de Parakou rangent cahiers, bics et livres pour s’adonner pendant deux voire trois jours aux activités culturelles et sportives. Les journées culturelles qui autrefois étaient des moments de réconfort, de récréation ou d’émulation où talent artistique, savoir-faire et ingéniosité se tutoient dans une ambiance festive se révèlent aujourd’hui comme des moments qui se partagent entre distraction, culture et dépravation des mœurs.
Après effort c’est le réconfort. C’est du moins la logique qui sous-tend l’organisation des activités culturelles et sportives dans les lycées et collèges tant privés que publics. Si dans un passé récent même pendant l’école nouvelle, les activités socio-éducatives mobilisaient non seulement les acteurs de l’école mais également les populations riveraines autour des activités saines, ludiques, culturelles, et sportives, aujourd’hui, quand bien même lesdites journées n’ont pas été entièrement vidées de leur contenu, elles constituent pour la plupart du temps des occasions de dépravation des mœurs. Il n’est pas rare qu’au cours de ces circonstances que l’on enregistre des actes peu recommandables qui vont du viol à des cas de violence en passant par le vol, la consommation de la drogue, du tabac, de l’alcool. L’enquête menée le mois courant dans un établissement secondaire de Parakou nous a permis de confirmer les hypothèses pré émises. Des groupes de jeunes se retirent pour fumer. D’autres, des éhontés s’accouplent sur les aires de jeu. D’autres encore, et cette fois-ci ce sont les plus imprudents font le rallye au milieu de la foule attroupée. Sous l’effet de l’alcool, la salle de spectacle ou du moins la cour de l’école se transforme très tôt en un ring où les muscles s’enchevêtrent, se contractent et se décontractent violemment et les coups de poing se trottent devant des spectateurs impuissants.
Un secret de polichinelle
Les acteurs de l’école, et en premier lieu les élèves ne sont pas ignorants de la situation. Tous conscients de ce tableau sombre, plaident pour une jeunesse beaucoup plus responsable. Pélagie AKUESSON, élève en classe de terminale A au collège catholique « Les Hibiscus » de Parakou donne son point de vue sur le sujet. Pour elle, les journées culturelles permettent aux élèves de revaloriser la culture africaine à travers les chants et danses, les contes et légendes, de se distraire favorisent le brassage entre les élèves d’un même établissement Mais malheureusement, fait constater cette jeune élève, les jeunes de son âge confondent aujourd’hui les journées culturelles à des journées de débauche. Puisque ajoute-t-elle, la majorité en profite souvent pour s’adonner à des actes ignobles. A l’en croire, certains par snobisme s’habillent très mal. Au regard des aspects pervers desdites journées, elle préconise la suppression des spectacles nocturnes pour éviter de tels dérapages. Au CEG Zongo où des actes perfides ont été enregistrés lors des journées culturelles et récréatives, le bureau de l’association des parents d’élèves n’a pas mis du temps à prendre ses responsabilités. De concert avec l’administration du collège, ces acteurs privilégiés de l’école ont revu la manière dont ces manifestations s’organisent. Ils donnent plus de crédit aux spectacles de jour qu’à ceux de la nuit. Ce qui, selon le 1er délégué du collège n’est pas de leur goût. C’est la raison pour laquelle a-t-il affirmé, ils ont sollicité la médiation de l’association des délégués d’établissements scolaires de Parakou pour plaider leur cause. Mais en profite pour exhorter ses camarades à plus de modération pendant ces moments de détente. Pour Fatima A Dosso, 2ème déléguée du collège privé « la Couronne » à Parakou qui déplore les actes ignobles posés parfois par des élèves inconscients, le sens premier de cet événement reste la promotion des valeurs culturelles avant d’ajouter que c’est également le lieu de faire découvrir à la face du monde les « talents cachés » des apprenants qui savent coupler études et activités socio-éducatives. Tout en partageant le point de vue de ses pairs, Djihad Bété, 1er délégué du lycée Mathieu Bouké déplore tout le manque de temps matériel pour permettre aux différents clubs de s’animer comme cela se doit. Car explique-t-il du fait du manque chronique de salles de classe dans les établissements, les cours se déroulent aussi bien les mercredis soirs que les samedis, périodes mieux indiquées pour les activités para-scolaires.
Ayedjo


