Il est un secret de polichinelle pour le béninois lambda que le Président Boni Yayi est sur le point de réaménager son équipe ministérielle. Cela est dû aux crises successives qui paralysent le pays depuis un certain temps. Les leaders politiques qui l’ont soutenu dès son arrivée au pouvoir sont en effet mécontents parce que, disent-ils, le Président n’a pas respecté ses engagements. Il leur aurait promis des postes à divers niveaux et n’aurait pas tenu parole. Ils se sont donc ligués pour le faire chanter et obtenir ce qu’ils convoitaient depuis son arrivée au pouvoir. Subséquemment, les fauteuils de certains ministres sont mis à mal. Qui sont-ils et combien sont-ils ? De toute évidence, Mme Yimbere, Ministre de la famille vient en tête de la liste de départ puisqu’elle siège désormais à la Cour Constitutionnelle. Selon les indiscrétions, une femme du G13 est visée pour la remplacer. Une femme assez connue pour sa verve et sa poigne. Le suivant semble être lié aux relations avec les institutions. En effet, beaucoup de leaders politiques estiment que leur relation avec le Chef de l’Etat s’est détérioré notamment à cause du langage arrogant utilisé par certains de ses proches collaborateurs qui sont tout de même sensés préserver l’harmonie et la cohésion au sein des diverses institutions du pays. Les autres départements ministériels concernés par le réaménagement technique sont ceux dont la gestion a créé un véritable casse tête au Chef de l’Etat et ceux visés par les nouvelles forces politiques. Il faut dire, en effet, que le Chef de l’Etat sera obligé de céder certains porte feuils ministériels aux G4, G13 et Force clé parce qu’ils l’exigent. C’est semble t-il l’une des conditions sine qua non pour le retour de la paix sociale. Qu’à cela ne tienne, ils les auront ! Seulement, certains ministres qui se battent vraiment seront fauchés dans le feu de l’action. Si c’est le prix à payer pour la consolidation de notre Démocratie, alors nous disons du courage aux ministres dont le départ raffermit l’Etat de droit. La crise actuelle qui entoure l’installation des conseillers communaux donne aussi du fil à retordre à Boni Yayi qui n’a pas fini d’explorer toutes les solutions plausibles. La grève répétée des enseignants, des universitaires, la gestion de la crise alimentaire sont autant de choses qui vont orienter le choix des nouveaux entrants. Pour l’instant les sources révèlent qu’au total 10 personnes risquent de céder leur fauteuils. Au péril de démobiliser ces ministères, nous avons préféré ce clair-obscur pour parler des ministres sortants. Une chose est sûre, le poste de ministre est une fonction ponctuelle et limitée. Le plus important, c’est de comprendre qu’à un moment donné, la patrie a eu besoin d’eux et qu’ils ont répondu présents. Comme le psalmiste, les partants peuvent dire : « Maintenant, Grand Roi, tu peux laisser s’en aller tes serviteurs dans la paix car nos yeux ont vu le salut que tu promettais au peuple béninois ! » puisqu’en vérité, ils dormiront mieux, ils auront du temps pour leur famille, il n’y aura plus de coup de fil de la présidence pour dire qu’il y a conseil des Ministres le Dimanche ou qu’un séminaire gouvernemental s’ouvre à Parakou Samedi prochain.
Ulrich Vital Ahotondji


