
Une introspection dans le train train de la vie quotidienne des béninois a permis, au détour de quelques discussions à bâtons rompus avec les petites gens, ou lors de quelque trajet à zém avec les mallots jaunes, de se rendre compte du creux insipide, inodore et incolore que suggère le terme Cen-sad. Mieux, des débats au brûlot avec des personnalités dites officielles ne sont pas moins nuageux que les précédents. Que ce soit les conducteurs de taxi-auto ou moto, les ouvriers, les manœuvres, les vendeuses de tisanes, les convives de « hankpètè » et de « tchokourou » dans les bouis-bouis de cotonou, ou les intellectuels du moins ceux rencontrés, tous sont unanimes à ne rien comprendre du Cen Sad et surtout du prochain sommet qui a lieu à Cotonou. Cette enquête vient donc pallier ce manque d’informations sur cette grande organisation régionale et sur le 10ème sommet et le 10ème anniversaire de la Cen-Sad.
Lancé en 1998 à l’initiative du colonel Mouammar Kadhafi, La Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) , la plus grande organisation régionale africaine du point de vue de la démographie (environ 400 millions d’âmes) et de la superficie (plus de la moitié de la superficie du continent africain), a comme objectifs l’établissement d’une union économique globale basée sur une stratégie à travers un plan de développement complémentaire avec les plans nationaux de développement des pays concernés, englobant l’investissement dans les domaines agricole, industriel, énergétique, social et culturel ; la suppression de toutes les restrictions qui entravent le rassemblement de ces pays par la prise de mesures nécessaires pour assurer : la libre circulation des personnes, des capitaux et des intérêts des ressortissants des États membres ; la liberté de séjour, de propriété et d’exercice de l’activité économique ; la liberté d’échange et de circulation des biens, des produits et services originaires des pays signataires ; la promotion du commerce extérieur par une politique d’investissement dans les États membres ; l’accroissement entre les États membres des moyens de transport et de communication terrestre, aérien et maritime par l’exécution de projets communs ; la reconnaissance aux ressortissants des pays membres des mêmes droits, avantages et devoirs reconnus à leurs propres citoyens conformément aux dispositions de leurs constitutions respectives ; et l’harmonisation des systèmes éducatifs, pédagogiques, scientifiques et culturels dans les différents cycles de formation.
Les organes de la Cen sad
Les principaux organes de la Cen Sad sont : la Conférence des leaders et chefs d’État qui se réunit une fois par an en présidence rotative et alternativement dans les différentes capitales des États ; le Conseil exécutif, chargé de la préparation des programmes et plans complémentaires et de l’exécution des décisions de la Conférence des leaders et chefs d’État ; le Secrétariat général chargé de la gestion quotidienne et suivi du fonctionnement des différentes institutions de la Communauté ; la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC)), créée en 1999 et chargée notamment du financement de projet de développement économique ; le Conseil économique, social et culturel, organe consultatif pour la conception et l’élaboration des politiques, des plans et programmes à caractère économique, social et culturel des pays membres.
Les sommets de la Cen Sad
Il faut dire que Le premier sommet de la CEN-SAD s’est tenu à Syrte (Libye) le 14 avril 1999 avec la participation des pays fondateurs que sont la Libye, le Burkina Faso, le Mali, le Tchad, le Soudan et le Niger. Ce sommet a vu l’adhésion de la Centrafrique et de l’Erythrée. Ce n’est qu’au cours du deuxième sommet, tenu à N’Djamena (Tchad) les 4 et 5 février 2000, que le Sénégal, la Gambie et Djibouti firent leur entrée. Il faudra attendre les 12 et 13 février 2001 à Khartoum (Soudan) au cours du troisième sommet pour enregistrer l’adhésion de l’Egypte, du Maroc, de la Tunisie, du Nigeria et de la Somalie. Avec l’arrivée du Togo et du Bénin lors du quatrième sommet de la CEN-SAD à Syrte (Libye) les 6 et 7 mars 2002, le nombre des Etats membres est porté à 18 pays.
Le cinquième sommet de l’organisation régionale s’est tenu les 14 et 15 mars 2003 à Niamey (Niger). Le sixième sommet de la CEN-SAD a été organisé à Bamako (Mali) en mai 2004 et a connu l’adhésion du Liberia, de la Guinée-Bissau et de la Côte d’Ivoire. Le septième sommet s’est tenu à Ouagadougou les 1er et 2 juin 2005 et a vu le nombre des pays membres s’élever à 23 après l’adhésion de la Sierra Leone et du Ghana. Le huitième sommet a eu lieu à Tripoli le 1er juin 2006 alors que le neuvième s’est tenu à Syrte (Libye) les 2 et 3 juin 2007 et a été marqué par l’adhésion des Comores et de la Guinée Conakry portant ainsi le nombre des pays membres à 25. le sommet de cotonou, le dixième de l’histoire de la Cen-Sad aura lieu les 17 et 18 Juin 2008. Ce 10ème sommet coïncide avec le 10 ème anniversaire de l’organisation. Cette rencontre connaîtra l’adhésion du Kenya, du Cap Vert, et de la Mauritanie portant le nombre des membres à 28.
Comme on peut le remarquer, l’organisation ne cesse de grandir et de s’accroître sans doute parce que ses objectifs qui sont corollaires des OMD, fédèrent véritablement les convictions des Chefs d’Etats qui croient en une Afrique meilleure. Du point de vue juridique, la CEN- SAD a été reconnue par L’Organisation de l’unité africaine (OUA) lors de son sommet tenu à Lomé (Togo) en 2000 en tant qu’ensemble économique régional. Elle a également acquis le statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale des Nations unies.
Le sommet de Cotonou
Le 10ème Sommet des Leaders et Chefs d’Etat de la CEN-SAD qui se tiendra à Cotonou les 17 et 18 juin 2008 connaîtra la réunion des Experts et le Conseil Exécutif du 12 au 16 juin 2008. Au cours de cette rencontre régionale le Bénin accueillera en dehors de la délégation libyenne, plus de 2000 participants dont le détail se présente ainsi qu’il suit : Les Chefs d’Etat des pays membres, 40 Ministres des Affaires Etrangères, 30 personnalités et Présidents d’Institutions et Organisations, internationales,1500 participants, 200 agents de la presse officielle, 100 journalistes de la presse privée internationale, 55 membres du comité d’organisation, 40 membres du Secrétariat Général de la CEN-SAD, un comité de coordination est chargé de toute cette organisation et est assisté par 10 sous-comités :
1. le sous-comité « Infrastructures» ;
2. le sous-comité « Finances» ;
3. le sous-comité « Intellectuel» ;
4. le sous-comité « Protocole , Acueil et Pavoisement» ;
5. le sous-comité « Sécurité» ;
6. le sous-comité « Santé» ;
7. le sous-comité « Hébergement et Restauration» ;
8. le sous-comité « Presse et Communication» ;
9. le sous-comité « Transport» ; et le sous-comité » Voirie»
En outre, deux grands dîners marqueront les assises de Cotonou à savoir le Dîner de fraternité offert par le Président en exercice, MUAMMAR AL-KADDAFI, Guide de la Révolution du Grand Al Fateh le Lundi 16 Juin à 20h et le Dîner de Gala offert par le Président Thomas Yayi BONI en l’honneur des Leaders et Chefs d’Etat, Chefs de délégation et invités le mardi 17 Juin à 20h30.
Les discussions de ce sommet tourneront autour des stratégies à mettre en oeuvre pour la réduction de la pauvreté. Pendant que le monde traverse une crise alimentaire sévère, les leaders et Chefs d’Etats ne peuvent s’empêcher d’aborder la sécurité alimentaire. Déjà les pays membres au cours de la 2ème session du Conseil Economique, Social et Culturel (CESCCEN- SAD) ont compris qu’il urge de mettre en route une politique agricole commune mieux orientée, fondée sur la durabilité et la diversification avec le souci permanent d’une harmonisation des actions dans l’espace Cen Sad. Il s’agira de trouver des mécanismes de gestion intégrée des ressources en eau afin de déboucher sur une meilleure gestion des ressources naturelles. Il s’agit, par conséquent, de mettre en place des mécanismes de gestion intégrée des ressources en eau pour une gestion durable des ressources naturelles. Mais toutes ces actions supposent une mobilisation des moyens financiers pour soutenir cette politique agricole fondée sur la durabilité, et capable de mettre les Etats de l’espace à l’abri des risques de famine ou de renchérissement des prix des produits agricoles surtout vivriers. On parlera aussi des infrastructures de base dont le manque crucial ralentit énormément la création de richesse dans l’espace Cen Sad.
Les Chefs d’Etats auront donc des débats très nourris sur ces différents sujets avec au cœur la mobilisation des ressources nécessaires à leur réalisation. Seules une approche commune et une politique intégrée peuvent aider les Etats membres à résoudre les multiples problèmes qui se posent à l’Afrique. Il est à souhaiter que ce dernier-né des regroupements régionaux en Afrique ne soit pas un de plus mais un véritable catalyseur pour l’essor de l’Afrique. Nous reviendrons dans les prochaines parutions sur d’autres aspects du Cen-Sad.
En attendant que les convives ne viennent, Cotonou la belle, avec ses villas de la cité de l’espoir, et ses résidences présidentielles rayonne d’un nouvel éclat, toute resplendissante, prête à accueillir ses hôtes comme une fiancée parée pour son époux



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