Les dernières élections municipales et communales tenues au Bénin les 20 Avril et 1
er
Mai 2008 ont mis à nu les nombreux dysfonctionnements qui mettent à mal la gestion des élections au Bénin. De l’Insuffisance de matériels électoraux au retard criard dans le démarrage du vote, le Bénin s’est illustré par une improvisation et une mauvaise organisation sans précédent. Les choses en seraient restées là que cela vaudrait mieux. Malheureusement, les résultats et l’installation des conseillers municipaux ont constitué le clou de la déchéance de notre système électoral. Des actes et propos violents ont été enregistrés par-ci par-là. Il y a eu au surplus des arrestations qui ont entaché la crédibilité de la démocratie béninoise. A quelques semaines de distance, il convient de prendre du recul et d’analyser les évènements qui ont marqué le processus, de corriger ce qu’on peut encore rectifier et d’améliorer les élections en République du Bénin. Une commission technique devrait être mise rapidement sur pied pour enclencher une réforme électorale en profondeur, en s’attaquant à des aspects clé comme la liste électorale permanente informatisée, la question du financement, les primes des cea et cec et d’autres aspects structurels non moins importants. Le Bénin qui a choisi la démocratie doit comprendre qu’elle a un coût qu’il faudra assumer afin d’hisser le pays au rang des Nations véritablement démocrates. Il urge de dépolitiser la cena, d’éviter toute biaiserie et complaisance dans la désignation des membres de cette institution. Les élections ont, de tout temps, constitué une rude épreuve pour les jeunes démocraties en Afrique. Le Bénin a donc une mission en Afrique et dans le monde. Ne le perdons pas de vue.
U Vital Ahotondji
