L’essence de contrebande communément appelée Kpayo vivra encore et malheureusement longtemps. Ainsi se résume les échanges qui ont lieu hier entre le ministre de l’industrie et du commerce Grégoire Akofodji et les vendeurs de ces produits qui ne cessent de plonger les populations dans le deuil. Ce jeudi, Grégoire Akofodji a déçu plus qu’on ne puisse l’imaginer lorsqu’on apprend de lui que le gouvernement en l’occurrence son département ne peut arrêter ce commerce de sitôt, malgré son caractère on ne peut plus informel. En effet, le ministre du commerce et d’industrie, s’il en a la compétence et la carrure, n’affichait rien qui puisse prédire son incapacité à gérer ce grand dossier de « vente des produits pétroliers de contrebande » lorsqu’il succédait au ministre Soumanou Moudjaïdou. Déjà des mois qu’il pris la commande de ce département et depuis, rien n’a bougé avant de venir montrer hier les limites de ses compétences pensant dévoiler ainsi des plus réalistes, convaincantes et efficaces politiques d’éradication de Kpayo ou de reconversion de ses vendeurs. Depuis, les actions du commerçant national, s’il en a, frisent du yoyo et donne plutôt espoir, vigueur et courage aux acteurs du secteur d’exceller dans leur pratique même si celle-ci leur est nuisible. A cette allure, peut-on dire que le ministre qui plus est celui du commerce doit promouvoir l’informel plutôt que le formel ? Quand proposera-t-il une bonne politique pour enfin se mettre aux pas du changement ? Pourtant, les béninois et plus précisément les vendeurs de Kpayo ont faim mais Grégoire Akofodji leur demande de surseoir à leurs activités malgré leur effectif sans aucune pièce de rechange à eux proposée par le « beau parleur » cependant mandaté pour la cause. En laissant entendre hier que pour éradiquer le Kpayo il faut de la patience, du temps et des moyens, le ministre s’il n’est pas en train de commettre un lapsus language doit admettre qu’il vient de dire le plus bas et plus impopulaire des ragots de l’année d’autant puisque argent, il y en a, de la patience on en mourra et du temps, même les acteurs du secteur en ont ras-le-bol. Prenant individuellement les facteurs énumérés par le ministre pour arrêter la vente de Kpayo, rien ne prouve aujourd’hui que Grégoire Akofodji échange avec son homologue de la micro finance qui, pourtant détient des secrets et de bons projets pour ce. D’ailleurs, la représentante de la direction de la promotion des petites et moyennes entreprises du ministère de la micro finance et la directrice générale du Fonds National pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes Mme Rébecca Dossou-Gbété ont, pendant que le ministre du commerce se noie dans le Kpayo répétant incessamment les mêmes phrases, fait un bon exposé de la politique qu’adopte le gouvernement pour la douce et bonne reconversion des vendeurs l’essence frelatée. En toute vérité, elles ont joué le rôle qui revenait au ministre puisque étant membre du gouvernement il devrait être capable de vulgariser la vision, la politique et les actions de son équipe. S’il ne tenait qu’à lui seul, les visiteurs d’hier rentreraient non seulement très déçus mais aussi et malheureusement fâchés contre le bon Dieu qui a voulu que ce soit lui l’homme qui coiffe leur secteur d’activité, le commerce. Pourquoi a-t-il effectué cette rencontre donc s’il ne pouvait rien proposer de bon, ou encore moins, convaincre les vendeurs de ces produits ? Seulement, pour sauver son fauteuil. Malheureusement la mayonnaise n’a pas pris puis que lui-même l’a dit, le Kpayo vivra encore. Et pour le compléter, on dira que le Kpayo dans lequel il se noie si pompeusement finira par brûler son fauteuil. Puisse Dieu le sauve
Comlan Paul Odah


