Mardi dernier, les membres de la Cena présidée par Pascal Todjinou ont organisé une conférence de presse pour répondre au ministre de l’économie et des finances qui, le 21 Avril 2008 était monté au créneau pour dégager la responsabilité du gouvernement dans la mauvaise organisation des élections du 20 avril 2008. Hier, Soulé Mana Lawani a, une fois encore, dit sa part de vérité. Dans son droit de réponse à la Commission Electorale Nationale Autonome, le ministre de l’économie et des finances Soulé Mana Lawani, a preuve à l’appui, étalé les tares et dérives de Pascal Todjinou. Lisez l’intégralité de son droit de réponse à la Commission Electorale Nationale Autonome (Cena)
DROIT DE REPONSE DU MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES SUITE A LA CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE LA COMMISSION ELECTORALE NATIONALE
Le mardi 27 mai 2008, le président de la commission Electorale Nationale Autonome, entouré des autres membres du bureau de la commission, a tenu devant la presse béninoise, une conférence de presse.
Au cours de sa sortie médiatique, le président a affirmé un certain nombre de choses pour faire croire à l’opinion publique que le Ministère de l’Economie et des Finances, est responsable des dysfonctionnements et des carences que les uns et les autres ont pu noter tout au long du processus électoral d’avril et mai 2008.
Sans chercher à répondre à toutes les fausses accusations dont mon département et moi-même, avons fait l’objet de la part du président de la Cena, certains points méritent d’être clarifiés.
Il s’agit des points relatifs à :
· La non communication à la Cena, du montant de son budget ;
· La reprise de la négociation par le Ministère de l’Economie et des Finances, des prix des commandes de bulletins ;
· L’acquisition du matériel informatique par le Ministère de l’Economie et des Finances, au profit de la Cena.
1. La non communication par le Ministère de l’Economie et des Finances au président de la Cena, du montant du budget de la commission.
A ce sujet, il faut rappeler que dans le souci de concourir à une bonne organisation des élections municipales, communales et locales 2008, le Ministère en charge des Finances, a engagé le dialogue avec la Cena dès son installation. Dans ce cadre, le président de la Cena a présenté à mon département, un budget de sept milliards trois cent neuf millions neuf cent quarante et un mille six cent vingt (7.319.941.620)F CFA. Après discussions, ledit budget a été arrêté d’accord partie, à la somme de cinq milliards trois cent soixante et un million quatre cent quinze mille quatre cent quatre vingt quinze (5.361.415.495)F CFA.
Par lettre n°616/Mef/Cab/Sgm/Dgb/Sdcnr/Ddd du 28 février 2008, mes services ont transmis au président de la Cena, le budget dont il déclare ne pas avoir connaissance. Beaucoup se rappellent encore, toutes les sorties médiatiques du président de la Cena, pour accuser le Ministère de l’Economie et des Finances, d’avoir réduit le montant du budget de l’institution à cinq (05) milliards. On est alors, en droit de se demander d’où est ce que le président de la Cena, a tiré les informations, si elles ne lui étaient pas communiquées par mes soins.
En outre, le président de la Cena, pour se mettre en vedette, faisait souvent la comparaison entre le montant dudit budget et les fonds réellement mis à sa disposition, cherchant ainsi, à accuser sans fondement, le Gouvernement d’avoir privé la Cena, des moyens nécessaires à l’organisation des élections. Et pourtant, il a affirmé ne pas avoir connaissance du montant du budget.
2. La reprise de la négociation des prix des bulletins par le Ministère de l’Economie et des Finance
Il faut d’entrée de jeu, faire savoir à l’opinion publique, que le Ministère de l’Economie et des Finances, n’a jamais repris la négociation des prix des bulletins, contrairement aux déclarations du président de la Cena. Mes services avaient simplement tenté en vain, de faire revoir à la baisse, le coût excessivement élevé et de témoignage, afférents au recensement des électeurs, et ceci pour cause.
En effet, à la réception des procès-verbaux de jugement des offres relatives à la fourniture de ces matériels électoraux, il a été noté que les prix proposés par les soumissionnaires retenues par la Cena, sont largement supérieurs aux prix unitaires indiqués dans le budget de l’institution, soit 344 FCFA mentionnés dans le budget ; et 3475 F CFA, pour les régistres électoraux, au lieu de 283 Fcfa. Pour les quantités commandées, soit 292.876 imprimés de listes et 16.336 registres électoraux, il est facile de calculer les pertes subies par l’Etat, dans ce cadre.
Il y a lieu de préciser que le Ministre de l’Economie et des Finances a le devoir dde s’assurer de la qualité de la dépense, ce qui veut dire qu’il doit veiller à acquérir les biens et services à leurs justes coûts, d’où l’importance des négociations des prix.
Quant aux commandes des bulletins, il importe d’apporter les informations ci après.
A l’ouverture par le Cena, des offres relatives à la commande des bulletins, certaines grandes imprimeries de la place, ayant été mises au courant des prix relativement élevés des offres, en étaient ahuries. C’est alors qu’elles ont fait parvenir à mon département, des propositions de prix par format de bulletins. Elles m’ont fait savoir que ces prix sont bien connus de tous ceux qui ont participé une fois, à la commande des bulletins par les différentes Cena. Ces prix proposés représentaient parfois moins de la moitié des prix auxquels, le président de la Cena 2008, s’apprêtait à attribuer les marchés de commande des bulletins. Il y a une différence globale de deux quatre vingt huit millions (288.000.000) F CFA, entre le prix proposé par ces entreprises et celui facturé à la Cena 2008.
Les marchés n’étant pas encore signés, j’ai proposé au président de la Cena, de voir dans quelle mesure, il pouvait recourir à ces imprimeries pour la commande des bulletins, ou tout au moins, partir de leurs prix, pour obtenir la réduction de ceux proposés par les adjudiciaires provisoires des marchés qu’il s’apprêtait à conclure. Et comme on pouvait s’y attendre, le président de la Cena, a opposé une fin de non recevoir catégorique à ma proposition qui ne visait que l’utilisation rationnelle de l’argent du contribuable béninois.
3. Acquisition du matériel informatique au profit de la Cena, par le Ministère de l’Economie et des Finances.
Par lettre n°86/Cena/E08/Pdt/Vp du 12 mars 2008, le président de la Cena a porté à ma connaissance, l’état de défectuosité dans lequel se trouvaient plusieurs ordinateurs et accessoires de la Cena, qu’il urgeait de réparer ou de remplacer.
Par la même occasion, il a souligné que le budget de l’institution n’a pas prévu des dotations pour la prise en charge des réparations et pour le renouvellement du matériel informatique.
En réponse, j’ai rappelé par lettre n°2008/809/-c/Mef/Sp du 18 mars 2008, à son attention qu’à la ligne 1-7 « micro-ordinateurs » et à la ligne 1-7 bis « frais d’installation des micro-ordinateurs » du budget de la Cena, il est prévu respectivement huit millions neuf cent soixante dix mille (8.970.000)F CFA et quatre millions (4.000.000) F CFA, soit au total, douze millions neuf cent soixante dix mille (12.970.000) F CFA, qu’il pouvait utiliser pour renouveler, ne serait ce que partiellement, le parc informatique.
En outre, je lui ai rappelé qu’à la suite de la vérification de la gestion de la Cena 2007 par l’Inspection Générale des Finances, il est établi dans le rapport des travaux, certains matériels acquis dont dix (10) ordinateurs complets, sont restés sous emballage, donc non inutilisés jusqu’à la fin de la mandature de cette Cena.
Par ailleurs, je lui ai fait savoir que mon département était disponible à mettre à la disposition de la Cena, un complément d’ordinateurs qui seront retirés par mes services à la Commission, dès la fin des opérations électorales.
Ayant saisi cette opportunité, le président de la Cena a demandé ce complément d’ordinateurs, en insistant sur le fait qu’il recherche des ordinateurs de très grande capacité, compte tenu de la densité des informations à traiter. En satisfaction de cette demande, il a été mis à la disposition de la Cena, un lot de matériel informatique composé de :
· Vingt (20) ordinateurs de bureau HP 2300 ;
· Vingt (20) imprimantes HP Laser jet 1320 ;
· Vingt (20) onduleurs Apc Smart Va
Ces acquisitions ont été faites sur la base du répertoire de prix de référence en vigueur en République du Bénin (cf. répertoire de prix de référence, édition de mai 2007, pages 88 et 89 ; n°2243, 2270 et 2293).
Les prix pratiqués ne sont donc pas fantaisistes comme ce fut le cas pour la facturation des bulletins, des cartes d’électeurs et des imprimés de listes.
Ce matériel informatique composé d’écrans plats de dernière version, a été sélectionné suivant des caractéristiques produites par la Direction de l’Organisation et l’Informatique (Doi), structure compétente en la matière, au Ministère de l’Economie et des Finances.
Il s’agit donc d’acquisition d’ordinateurs de grande capacité, comme l’a recommandé le président de la Cena, compte tenu de volume des informations à traiter.
Parlant de vingt ordinateurs et accessoires, qu’il prétend pouvoir acquérir à dix sept millions (17.000.000) F CFA, le président de la Cena, fait certainement une confusion. Les accessoires pour lui, concernant le clavier et l’unité centrale.
Or, le matériel qui lui a été fourni par mon département, comporte, en dehors des vingt (20) ordinateurs et accessoires, vingt (20) imprimantes et vingt (20) onduleurs.
Nulle part dans son intervention, le président de la Cena n’a contesté ni la qualité, ni la performance du matériel mis à sa disposition. Il ne pouvait d’ailleurs, en être autrement, car il s’agit de matériel de bonne facture et de bonne qualité.
Pour conclure, je puis affirmer au regard de l’expérience que je viens de faire avec la présence Cena, qu’il est bel et bien possible d’organiser des élections à moins de quatre (04) milliards de F CFA, dans notre pays.
En tout état de cause, les déclarations du président de la Cena sur les points susmentionnés, sont sans fondement et n’engagent que lui seul.
Cotonou, le 29 mai 2008
Le Ministre de l’Economie et des Finances
Soulé Mana Lawani
