Dès son accession à la magistrature suprême du Bénin en avril 2006, le président Boni Yayi a fait des réformes toutes aussi structurelles, économiques, conjoncturelles que politiques. Depuis lors, le gouvernement béninois dispose d’un Ministère chargé de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes. Après plus de deux ans d’existence, peut-on véritablement se plaire de dire aujourd’hui que ce département tient ses promesses vis-à-vis des populations lorsqu’on fait le point des actions menées ? Le Ministère de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes comme son nom l’indique comprend trois secteurs ; la Micro Finance, les Petites et Moyennes Entreprises et l’Emploi. Depuis sa création, ce ministère se force de relever les nombreux défis dressés sur son chemin par la pauvreté ambiante dans laquelle végète le peuple béninois. Aujourd’hui, de nouvelles politiques sont élaborées pour la promotion de la micro finance à travers l’octroi des crédits aux populations, l’accompagnement des petites et moyennes entreprises avec la création de cadres ou environnements propices à l’entreprenariat, l’évolution et le développement des entreprises et enfin l’instauration d’une stratégie salutaire à la lutte contre le chômage sans cesse croissant des jeunes et des femmes. Séminaires de formation, ateliers, conférences, tournées ministérielles et/ou présidentielles dans les départements, communes, arrondissements, villages ou quartiers de villes sans oublier les multiples réunions de concertations avec les acteurs tant du secteur de la micro finance que des secteurs affiliés, ont caractérisé les pas posés par le Ministère de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes, pour soulager les peines des béninois.
20% des béninois vivent de la micro finance
Selon le rapport de l’année 2007 du sommet du micro crédit élaboré après sa campagne, le secteur de la micro finance touche dans le monde , plus de 133 millions de clients dont 93 millions faisant partie des pays pauvres ou en voie de développement, lorsqu’ils contractaient leur premier emprunt. Parmi ces clients, 85% sont des femmes. « Malgré cette performance, force est de constater qu’au Bénin et depuis quelques années, le secteur traverse des difficultés énormes caractérisées par une dégradation on ne peut plus significative des indicateurs de performance ; l’encours des crédits est passé de 100 milliards de FCFA en 2004 à 74 milliards FCFA en 2005. Le taux de portefeuille à risque contenu en deçà de la norme portefeuille de 5% est aujourd’hui autour de 20% avec une forte augmentation des pertes sur créances » a déploré lundi 28 mai 2008 le Ministère de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes Mme Alfa Orou Sidi Sakinatou à l’ouverture du symposium sur l’évolution du secteur de la micro finance au Bénin. Pour contrer cette descente aux enfers du secteur, le gouvernement béninois par le biais du ministère de tutelle a organisé un séminaire pour réfléchir sur la question le 2 juillet 2006. La création du fonds national de la micro finance par le gouvernement du président Boni Yayi a permis à plus de 280 mille femmes de bénéficiers de 30 mille FCFA pour démarrer leur entreprise aussi petite soit-elle et ceci sans intérêt. Cette initiative a été fortement applaudie par non seulement les bénéficiaires mais aussi et surtout par les bailleurs de fonds et maintes institutions internationales qui n’ont caché de manifester leur soutien au gouvernement béninois. Du 28 au 30 mai 2008, l’infosec de Cotonou a accueilli un symposium sur l’évolution du secteur de la micro finance pour proposer des solutions capables de lever les entraves actuelles au développement de la micro finance. Au Bénin, on dénombre plus de 700 institutions de micro finance mais seulement une centaine est règlementairement reconnue par l’Etat béninois. Un autre défi à relever puisqu’il est nécessaire d’assainir ce milieu en vue de redonner confiance aux clients et surtout favoriser les investissements et la création des petites et moyennes entreprises pour la réduction du chômage et de la pauvreté. Une première pioche a été donnée avec l’affaire PADME qui aura emporté son conseil d’administration et aplati le moral, l’honorabilité et la dignité au directeur général René Azocli. Avec plus de 700 mille bénéficiaires de services, soit plus de 20% de la population active du Bénin, les Institutions de la Micro Finance (IMF) ont mobilisé auprès de leurs clients plus de 40 milliards de FCFA soit environ 10% des dépôts de banques et injecté dans l’économie nationale plus de 80 milliards de FCFA sous forme de crédits soit plus de 20% de l’encours des crédits de l’ensemble des banques, apprend-on du ministre Sakinatou. Ce qui lui fait conclure qu’il y a une forte croissance de la micro fiance au Bénin.
Alfa Orou Sidi Sakinatou assiste les micros entrepreneurs
Des milliers d’idées de création d’entreprise dorment aujourd’hui et surtout avant l’ère du changement dans les tiroirs. Ceci pour défaut de moyens et/ou d’environnement adéquat créant in facto une république des sous et sans emplois contraints à la pauvreté et à la misère. Dès sa prise de fonction, la ministre de la micro finance, des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes a fait élaborer et valider le document de politique de développement des petites et moyennes entreprises (PME). C’était le 5 octobre 2006. Déjà, le ministère a apporté une assistance matérielle en équipement de transformation à sept (07) promoteurs de PME et à treize (13) groupements de femmes. Le transfert de fonds aux institutions de micro crédits dans le cadre de « crédits aux petits promoteurs et aux femmes ». Il a été réalisé 20 unités de transformation de Karité, 9 unités de transformation de manioc et 7 unités de transformation du vin de palme. Outre ces actions, l’équipe du ministre Sakinatou a apporté un appui en matériel et équipement de production à 40 groupements de femmes en vue de leur faciliter la production et d’accroître leur rendement et leur revenu.
Haro sur le chômage des jeunes et des femmes
Pour faire de la politique de lutte contre le chômage des jeunes et des femmes un outil efficace de réduction de la pauvreté au Bénin, le Ministère de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes n’a pas tari d’idée et les actions dans cette direction sont légions. La politique nationale pour l’emploi au Bénin a été accélérée et du 8 au 10 mars 2007, le ministère a organisé un forum national sur l’emploi. Ceci aboutira plus tard à la création du fonds national de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes doté d’un capital initial de six (06) milliards de FCFA. Le dynamisme de Mme Sakinatou garantit aujourd’hui la pré insertion de 500 jeunes par ans par l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE). Ce qui permettra à ces demis million de jeunes d’acquérir une première expérience en entreprenariat. Pour mieux conduire la politique de création d’emploi, le ministère a réalisé une carte de potentialité d’emploi des jeunes et des femmes dans les communes du Bénin sans compter l’élaboration de la charte nationale de l’emploi. La reconversion des 400 agents de l’ex société d’escorte et de transfert des véhicules d’occasion « Défi emploi jeunes & Escortes Sarl », rime également avec la politique de lutte contre le chômage et de création d’emploi au Bénin. Loin d’être une initiative de plus, la formation et le renforcement des capacités des 1500 jeunes et femmes porteurs de projets d’insertion professionnelle coûtant environ 900 millions de FCFA à l’Etat béninois, a été d’une aide significative à la lutte contre le chômage. A cette étape, il faut reconnaître que la mission confiée au Ministère de la micro finance des petites et moyennes entreprises, de l’emploi des jeunes et des femmes Mme Alfa Orou Sidi Sakinatou n’est pas aisée mais de toute évidence, un regard jeté sur les réalisations opérées depuis sa prise de fonction indique que le département est une véritable manne dont les béninois surtout les jeunes et les femmes se réjouissent. Le Bénin quant à lui en grandit et la ministre en sort satisfaite.
Comlan P. Odah
