Plus d’un mois après l’ouverture de la première session ordinaire 2008, les députés G13, G4 et Force clé ont rendu publique une déclaration selon laquelle le parlement serait bloqué. Préoccupés par cette inactivité, ils rendent responsable Mathurin Nago, des conséquences qui découleraient de cette paralysie du palais des gouverneurs. Ils disent exactement ceci : « En effet, ouverte depuis début Avril 2008 pour durer 90 jours soit trois mois, on peut aisément mais malheureusement constater qu’il s’est déjà écoulé la moitié du temps sans que l’institution ait pu se réunir en séance plénière une seule fois, ne serait-ce que pour adopter l’ordre du jour de la première session ordinaire pour l’année 2008. Le blocage ainsi constaté plonge le parlement dans une paralysie qui nuit gravement à la bonne marche et à la consolidation de notre jeune démocratie.(…) Combien n’y a-t-il pas de lois importantes déterminant la vie sociale en souffrance?
Combien n’y a-t-il pas d’accords de crédit en attente d’autorisation de ratification?
Combien n’y a-t-il pas de questions orales et écrites qui dorment dans les tiroirs de la Représentation nationale, et dont un traitement diligent pourrait contribuer à atténuer les souffrances de nos concitoyens en proie à une misère déroutante ? » Or ces députés signataires de la présente déclaration se sont félicités du boycott de la première cérémonie d’ouverture convoquée par le professeur Nago, président de l’Assemblée. Ils ont même fait une déclaration à propos au motif que la démocratie béninoise était en danger. C’est tout de même surprenant qu’aujourd’hui ils constatent que le temps passe et que le parlement pourrait se préoccuper de la crise alimentaire et bien d’autres sujets d’ordre juridique, social et économique. Si même la démocratie était en danger comme ils ont voulu le faire croire, est-ce le boycott qui fera disparaître ce danger. En évitant le dialogue ou la rencontre, les honorables de ce regroupement devraient déjà comprendre que c’est du gaspillage de temps et une fuite en avant. Malheureusement, ils ont consciemment fait cette option. Il a donc fallu au Président Nago de convoquer une nouvelle cérémonie d’ouverture. Pour des gens qui ont de la mémoire, cela signifie quelque chose. Plus loin ils déclarent qu’ « Au regard des interrogations sus mentionnées et des arguments non fondés que brandit le Président de l’Assemblée nationale, les partis et groupes politiques signataires de la présente déclaration regrettent que la fonction législative et celle du contrôle de l’action gouvernementale soient ainsi sacrifiées au profit d’intérêts politiques inavoués. » Malheureusement, il nous a été donné de constater que le jour de la cérémonie d’ouverture à laquelle les corps diplomatiques étaient présents, les députés ayant boycotte la cérémonie étaient pour la plupart présents au palais de la justice pour soutenir les présumés de la céna dans l’affaire de vols de 50mille cartes d’électeurs. Et ceux qui n’y étaient pas faisaient des allées et venues au sein de l’hémicycle pour se rassurer que leur compères ont suivi le mot d’ordre du boycott. Qui a donc des intérêts politiques inavoués ? le béninois lambda saura apprécier. Toujours dans la même déclaration, le regroupement affirme que « Ce blocage voulu par les responsables actuels de l’institution parlementaire constitue ni plus ni moins, la violation flagrante de la Constitution béninoise du 11 Décembre 1990 que le Peuple béninois s’est librement donnée. Ce faisant, Mathurin NAGO ne fait que persévérer dans la banalisation des lois et textes de la République; méthode à laquelle il nous a habitués depuis son accession au perchoir de notre parlement. » A voir de près la démarche suivie par les signataires de cette déclaration, on peut dire que lorsqu’on veut tuer son chien, on l’accuse de rage. En effet, pour des gens qui ont tout le temps approuvé le rapport d’activités du président de l’assemblée par un vote majoritaire, il est inquiétant de déclarer maintenant que ce même président les a habitués à la banalisation des lois de la république. Comment se fait-il donc que toutes ces félicitations soient adressées au Président de l’Institution Parlementaire lors de la présentation de son dernier rapport d’activités. En quoi le Président a-t-il violé la constitution ? Mieux, la déclaration dont il est ici question recommande « la convocation sans délai de la plénière afin qu’elle commence à se pencher sur les nombreux dossiers en souffrance » Or, les signataires savent pertinemment depuis début Mai que la plénière était prévue pour ce jour 23 mai. » Cela n’a d’ailleurs pas été facile puisque pour la première convocation le 24 Avril dernier, faute de quorum, le bureau de l’Assemblée n’a pu définir l’ordre du jour. Il a fallu avec justesse quatre membres pour forcer les choses et aboutir à cette date du 23. et tous étaient informés. La presse en a largement parlé en son temps. Que se passe-t-il donc ? Pourquoi toutes ces mesquineries et hypocrisies ? Quelque soit le problème qui se pose, le dialogue doit permettre de trouver une solution. Refuser le dialogue, c’est tourner dos à la paix et au consensus sans lesquels rien ne marche. En tant que président, Nago se doit de trouver la formule gagnante pour faire asseoir ses collègues autour d’une table ou d’un pot pour discuter et s’entendre. La démocratie béninoise en a grand besoin. Et les députés G13, G4 et Force clé doivent ramener la balle à terre pour la véritable émergence. En tout cas, le peuple n’est pas dupe.
Ulrich Vital Ahotondji
