Depuis quelques jours, la banque de sang du centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou souffre d’un manque alarmant du sang. Malgré cette situation, le syndicat national des techniciens de laboratoire du Bénin (Syntralab) et le syndicat national des biotechnologistes ont déclenché un mouvement de grève de 48 heures allant du lundi 28 au mardi 29 avril 2008, sans service minimum. Ce matin, les activités devront reprendre à moins que les grévistes violent les engagements de leur motion de grève dans laquelle les grévistes réclament des autorités béninoises, la fermeture de l’ITLAMII, l’octroi à tous les techniciens de laboratoire une prime de technicité équivalant à 30% des salaires bruts, une allocation de risque aux catégories de fonctionnaires concernées, le démarrage effectif des spécialisations et la poursuite des concours professionnels, la révision de trois arrêtés relatifs à la sécurisation des agents des services de la transfusion sanguine, organisant les concours professionnels, portant attribution, organisation proposition et fonctionnement des équipes d’encadrement des zones sanitaires, sans oublier le classement dans la catégorie A2 de tous les ingénieurs de travaux d’analyse biomédicale, la mise en œuvre des directives contenues dans les documents de politiques et stratégies nationales de développement du sous secteur de laboratoire d’analyse biomédicale d’une part et du sous secteur de la transfusion sanguine d’autre part, l’exécution des résultats issus des états généraux du secteur de la santé de novembre 2007 etc… Le paradoxe est que la motion de grève n’a été déposée sur la table des responsables de ce département en l’occurrence celle de M. Raphaël Totongnon que dans l’après-midi du vendredi. Néanmoins, une réunion a été convoquée en catimini pour négocier la levée du mot d’ordre de grève ou tout au moins décrocher un service minimum de la part des grévistes. Selon le responsable du département de la transfusion sanguine, coordinateur national de la sécurité de transfusion sanguine et spécialiste en la matière M. Raphaël Totongnon approché, cette réunion a permis d’obtenir des techniciens de laboratoire un service minimum dont aux même devraient proposer la liste et l’emploi du temps des agents de garde durant cette période. Malheureusement, les responsables du syndicat national des techniciens de laboratoire du Bénin se seraient descendus sur les lieux de travail et ont menacé les agents en service minimum le lundi, les contraignant à déserter leur poste de travail le lendemain, a-t-il déploré. Hier, seule une religieuse parmi les 23 techniciens de laboratoire que compte le département de la transfusion sanguine était au poste. Ceci à cause de son obédience sociale qui proscrit de tel comportement surtout quand la vie humaine est en jeu. Pour Raphaël Totongnon, « le manque de sang est une extrême urgence médicale » qui ne saurait lasser indifférents les professionnels de la santé qui plus sont sous serment. Une grève est un droit constitutionnel mais celui d’avertissement sans service minimum ne saurait s’expliquer surtout quand on sait que ces agents n’ont repris service que le 21 avril dernier après deux semaines d’arrêts de travail. Pourtant, dénonce-t-il, le ministre de la santé publique Kèssilé Challa informé de la pénurie du sang au CNHU a effectué une descente sur les lieux le jeudi dernier. A quelle occasion quelques des problèmes auxquels sont confrontés le personnel lui a été soumis. Enfin, M. Raphaël Totongnon a appelé à la conscience et au patriotisme des techniciens en grèves avant de rassurer les parents des patients qui sont dans le besoin du sang que le CNHU disposent de quelques poches de réserves pour les desservir en attendant la reprise des activités ce mercredi. Aussi a-t-il invité les autorités étatiques à rentrer en négociation avec les grévistes aux fins d’éviter, à l’avenir, de pareilles situations à travers la satisfaction des revendications de ce corps de fonctionnaires.
Comlan Paul Odah
