Marquons un pas et faisons le bilan. Au total, depuis l’avènement du renouveau démocratique dans notre pays, 11 élections (communales, législatives et présidentielles) ont été organisées. Dans l’ensemble, pas d’incident majeur, pas de troubles, pas de violences pré ni post-électorales sauf les derniers événements de Glazoué. Toutes autant ont été déroulées dans un climat de tolérance, de sérénité, de paix et de concorde nationale contrairement à ce qui s’observe dans les pays voisins comme le Togo, le Kenya, le Zimbabwé, la Cote d’ivoire…et d’ailleurs comme le Népal… Un satisfecit donc pour le Bénin. Mais du coté organisationnel, il faut dire que le Bénin peine à retrouver un schéma adéquat lui permettant d’organiser des élections dans de bonnes conditions. D’abord, tout part du mode de désignation des membres de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA). A ce niveau, il faut revoir les textes car, dans leur calcul mesquin et égoïste, les honorables députés à l’Assemblée Nationale peinent à accorder leur violon sur la clé de répartition de leur représentant dans cette commission. Ce qui perturbe sérieusement la mise en place du dispositif pratique de la machine électorale. Quant au financement de cette institution, il faut dire que le problème se pose avec acuité. Depuis les dernières élections présidentielles de 2006, la Cena a du mal à rentrer en possession des fonds nécessaires pour l’organisation des scrutins. Ce n’est pas le moment d’évoquer les raisons d’une telle situation. Mais, ce qu’il faut retenir c’est que de plus en plus, les béninois pensent que aller à la Cena est source d’enrichissement sans tenir compte des mutations profondes apparentes depuis Avril 2006. Au lieu de capitaliser les 18 années d’expérience démocratique, le Bénin semble piétiner les pas végétant toujours dans la médiocrité ou mieux dans l’à peu près en matière électorale. Le paradoxe est qu’il est le premier pays a institué la Cena dans la sous région mais reste pratiquement le dernier en la matière. Le Togo, le Burkina faso et autres qui ont fait l’école du Bénin le devance de très loin et par ironie du sort, lui donne aujourd’hui des leçons. Les écrits saints n’ont-ils pas dit je cite : « Les premiers seront les derniers… » ? fin de citation. Il faut alors que le Bénin se réveille de son sommeil comateux afin que de telles mauvaises organisations ne se répètent plus. Pour ce faire, la pérennisation de la Commission Electorale Nationale Autonome est indispensable. Aussi, serait-ce un sacrilège d’organiser les élections de 2011 sans informatiser la liste électorale. Voilà qui remet sur tapis la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lepi). Mais avant, les autorités de ce pays doivent continuer le Récemment Electoral à Vocation Etat Civil (Ravec) afin de doter les béninois des actes de naissance ; condition sine qua non d’aboutir à la Lepi. C’est le seul moyen d’organiser désormais des élections crédibles, transparentes et pacifiques.
Romuald BOKO