Tel était le charivari initial – un G13 toutes dents dehors, un G4 biceps et torse bombés sur le terrain des athlètes à Kouhounou, de fortes, méchantes, triviales et antipatriotiques déclarations sur les ondes d’une radio étrangère dite radio mondiale, le décès subit, inexpliqué, mystérieux et trouble d’un maire sortant candidat à sa propre succession et qui se portait la veille encore comme un charme, une CENA au bureau délibérément amputé de la principale représentation parlementaire et qui fut trois fois invalidé pour être trois fois rétabli en son état d’incomplétude, son président acteur hollywoodien se proclamant en danger de rapt par des Objets Volants Non Identifiés, le même président plutôt syndicaliste que président et réclamant à tue-tête de l’argent et encore de l’argent, 50.000 cartes d’électeurs envolées et non pas volées quoique pas retrouvées (allez-y comprendre quelque chose !), bref, tel était le charivari initial que ce qui devait arriver arriva.
Ce fut le 20 avril 2008. Opérations de vote commencées ici et là à Cotonou non pas à 7h ou à 8h comme annoncé, mais à 11h30 environ. Des électeurs cartes en main qui ne retrouvent leurs noms sur aucun registre dans aucun bureau et qui retournent chez eux, bredouilles, consternés, honnêtes citoyens injustement interdits de vote par l’incompétence et la gloutonnerie des leurs. Des urnes restées de très longues heures sans scellé. Des registres aux pages absentes (à l’intention des cartes d’électeurs envolées ?). Des bureaux de vote restés strictement clos à Yovosramê à Ouidah, comme à Pahou, Godomey et ailleurs…
Ailleurs justement, hors des frontières du Bénin, pour le quart, voire le huitième de ces magouilles et tripatouillages à ciel ouvert, le feu eût pris quelque part et embrasé tout ou partie du pays, à la grande satisfaction des politiciens ventripotents, bêtes et méchants. Heureusement que loin, très loin de cet embrasement bête et méchant secrètement désiré par les politiciens ventripotents, le peuple béninois a toujours pensé qu’il ne sert à rien et qu’il est rigoureusement absurde de détruire le pays que l’on s’évertue à construire. Se chamailler à propos de la construction, d’accord ! Mais se laisser aller à la destruction, non, jamais ! Et le peuple béninois regarde s’agiter ses politiciens et autres syndicalistes littéralement endiablés, il se rit de leurs manèges d’enfants gloutons jouant avec le feu comme il n’est pas permis et s’excitant immodérément sur des volcans endormis. Que veulent-ils, ces saltimbanques des arènes antiques, barbares et révolues ? Quels cadavres voudraient-ils ramener au jour par leurs propos incendiaires et leurs manières infernales en lieu et place d’arguments politiques et économiques si convaincants qu’ils emportent automatiquement l’adhésion de l’électeur ? S’ils n’ont pas d’idée et pas d’idéologie à proposer, qu’ils aillent donc vendre des cacahuètes ou leurs charmes, s’ils en ont, au lieu de se faire appeler politiciens quand ils ne sont que des apprentis sorciers qui jouent à casser le Bénin, le seul pays qui nous appartienne, que nous puissions revendiquer et dont nous puissions nous réclamer ! Ô Dieu !
Gageons que le peuple béninois ne laissera faire aucun apprenti-sorcier, ne laissera détruire le Bénin par aucun mauvais saltimbanque aux yeux rougis, au ventre rebondi et qui veut rebondir encore et toujours. Gageons que le peuple béninois saura toujours raison garder devant les provocations immondes de sa prétendue classe politique qui a autant le goût des abîmes que le goût des intérêts égoïstes et grossiers. Qu’elle fasse donc le bilan, cette classe qui ose se dire politique ! Le bilan de cinquante ans d’indépendance, car ils ne sont pas tous morts ceux qui sont montés aux affaires dès le1er août 1960. Le bilan de dix-sept ans de Renouveau démocratique, car ils sont presque tous là, ceux qui sont montés aux affaires au lendemain de
Par Roger Gbégnonvi
