Pour qui roulent les centrales syndicales constituées du Bénin ? Mercredi dernier, elles ont une fois encore étalé leur mauvaise fois à accompagner le développement du Bénin non pas par leur apport en tant que travailleurs du service public mais plutôt en leur qualité de membre à part entière de la Société Civile qui assure la garde et apporte des critiques objectives lorsque les décisions soient-elles gouvernementales ou non méprisent l’intérêt public. Ce mercredi, les journalistes ont été surpris de voir les syndicalistes aller carrément à l’hors sujet en occultant le sujet brulant de l’actualité qu’est l’organisation critique des élections municipales, communales et locales du 20 avril. Pour eux, il n’y a pas sujet à s’inquiété, même si leur collègue, Pascal Todjinou, aujourd’hui président de la Cena ne nie pas les gaucheries qui secouent et met à mal le processus électoral dont il a la charge. En droit, cela peut s’appeler ; « non assistance au collègue en danger » ; un délit qui devrait coûter la liberté à Gaston Azoua et ses alliés. Mais là où se situe le hic, c’est le refus délibéré des syndicalistes à reconnaitre qu’il vaut mieux de se taire lorsqu’on n’a rien de bon à dire. Autrement dit, la sortie médiatique effectuée par les centrales syndicales mercredi dernier a été tout sauf opportune, objective, honnête, convaincante et patriotique. En effet, l’objet de la conférence de presse ainsi organisée était de se prononcer sur l’actualité. A l’occasion, trois thèmes ont été retenus notamment « la cherté de la vie et le pouvoir d’achat des travailleurs », « les libertés fondamentales dans le Bénin émergent » et « problématique de la croissance économique et la crise énergétique au Bénin». Pour les conférenciers, le gouvernement du président Boni Yayi est incapable de prendre des mesures pouvant contenir la crise alimentaire que traverse le Bénin même s’ils reconnaissent que cette crise a soulevé les populations contre le pouvoir central et a fait des pertes en vie humaine dans plusieurs pays de la sous région, contrairement au Bénin qui n’a encore rien enregistré de ces débordements. Au Cameroun, cette situation a fait une vingtaine de mort lors les émeutes de trois jours survenues en fin février 2008. La justice ivoirienne vient de condamner deux membres des associations de défense des consommateurs à un mois de prison ferme avec sursis pour avoir manifesté contre la vie chère. Au Burkina faso, l’histoire n’est pas reluisante. La même crise a couté le poste du premier ministre haïtien après que le pays ait enregistré des plus troublantes manifestations contre la vie chère faisant des morts et d’importants dégâts matériels. Des exemples sont légions et les syndicalistes en savent long. Mieux, ils savent et ont même cité dans leur déclaration les efforts que fournit le gouvernement pour résorber la crise. Pour une petite histoire, le gouvernement béninois a débloqué environ 50 milliards de francs CFA pour réduit le prix des produits de grande consommation sur les marchés ou à défaut les maintenir à leur niveau. La semaine dernière, le gouvernement a encore décidé de décaisser une somme complémentaire de 235 millions de francs sans compter les vivres en perpétuelle importation pour améliorer le panier de la ménagère. Toutes ses mesures sont nulles selon les syndicalistes même s’ils n’ont aucune proposition concrète à faire au gouvernement pour mieux dénouer la crise. Là, il faut comprendre qu’il n’y a pire aveugle que celui qui se refuse de voir. Peut-être qu’ils sont en campagne électorale pour qui les finance, à eux de se confesser. Si non, le qu’en dira-t-on pourra conclure sans risque de se tromper que ces syndicalistes sont vendus ou au bas mot financés par des politiciens surtout quand on sait que Gaston Azoua et sa suite ont organisé une marche dite « contre la vie chère » le jour où démarrait la campagne électorale sans qu’ils aient la moindre habilité de mentionner dans leur motion une seule virgule symbolisant leur désapprobation de la crise et de la stratégie du gouvernement pour la contenir. Ce qui les avait intéressé, c’est la suppression des nouveaux programmes d’études et les chants auxquels ils sont habitués à savoir l’amélioration des conditions de vie des travailleurs etc.. De toute évidence, ceux-là ne défendent pas que la cause des travailleurs mais aussi celles des politiciens surtout les plus généreux. Qui dit le contraire ? D’ailleurs, les syndicalistes soutiennent malheureusement haut et fort que le gouvernement en place n’a aucune politique de sécurité intérieure encore moins une pouvant garantir aux béninois la fourniture permanente de l’énergie électrique en lieu et place du délestage. C’est leur point de vue au même titre que celle donnée lorsqu’ils estiment que les libertés fondamentales sont menacées sous le régime du changement. Pourtant, ils parlent et organisent des marches sans être dispersés par les forces de l’ordre. N’est-ce pas de la démocratie ? Sous d’autres cieux, ils seraient simplement taxés de trouble à l’ordre public et livrer à la justice pour réparation. Somme toute, Gaston Azoua et ses alliés et militants doivent épargner le béninois des intoxications et autres idéologies du moyen-âge en voyant les réalités en face afin de permettre à ceux qui veulent le développement du Bénin de mener leurs actions. Heureusement, le ridicule ne tue pas.
Comlan Paul ODAH


