(Une commission d’enquête au Bénin dans les tous prochains jours)
Le comité exécutif international d’Amnesty International a suspendu la semaine écoulée, la section Béninoise d’Amnesty International secouée par une crise sans précédent et dissout le Bureau exécutif dirigé par le président Yves Bankolé. Qu’il vous souvienne que le samedi 2 février dernier, le père fondateur d’Amnesty International, Roger Gbégnonvi avait reporté sine die le Congrès de la section béninoise d’Amnesty International. Il avait déclaré ce jour qu’« Aujourd’hui, à la Section béninoise d’Amnesty International, l’on travaille contre les droits de l’homme et contre les prisonniers d’opinion dans le monde puisque l’on ne travaille plus pour eux, puisque l’on s’y perd en intrigues et manœuvres sordides, puisque l’on s’y chamaille à longueur de journées pour des intérêts particuliers et égoïstes qui n’ont strictement rien à voir avec la défense des droits de l’homme et la recherche de la libération sans condition des prisonniers d’opinion, rien à voir avec le combat pour la suppression partout dans le monde de la peine de mort et pour que le monde civilisé n’oublie pas les opposants que les dictatures font disparaître corps et bien, et peut-être corps et âme, sans obsèques ni sépulture. Aujourd’hui, la Section béninoise d’Amnesty International s’est fait hara-kiri. ». En conséquence il a prononcé le renvoi sine die du prétendu congrès prévu pour avoir lieu ce samedi 2 Février. Les anciens présidents de la section Béninoise d’Amnesty internationale avaient aussi déclaré ceci :‘‘Une chose est certaine : la Section est secouée par une crise grave, profonde, qui se traduit par des querelles de personnes, des conflits d’intérêts, des contradictions entre le Bureau Exécutif et le Secrétariat administratif. Elle menace dangereusement la cohésion, voire la survie de la Section dans la mesure où les militants sont divisés sur des préoccupations totalement étrangères à la mission d’AI, mouvement international. C’est la première fois, depuis sa création, que notre Section est confrontée à une situation aussi dramatique…’’
Face à cette situation délétère, le père fondateur a mis sur pied un comité de refondation de la section qui devait faire des propositions de sortie de crise. Ce comité qui a travaillé 4jours durant a fait un certain nombre de recommandations de sortie crise le mercredi 6février dernier. Malheureusement, le comité de crise s’est heurté à une citadelle d’opposition et d’opacité constituée du Président de la section, soutenu par son secrétaire général. Malgré tous les arguments avancés, Me Yves Bankolé et sa clique sont restés imperméables, rigides, et bornés. Le comité exécutif international et le secrétariat international d’Amnesty International qui suivaient de près le dossier, ont alors décidé de suspendre la section béninoise d’Amnesty International avec effet immédiat. Injonction est subséquemment faite au Président de surseoir à toute déclaration publique au nom d’Amnesty et toute activité pouvant engager le mouvement. Cependant, le secrétariat du Bénin continuera d’ouvrir ses portes avec obligations de rendre directement compte au Secrétariat International(SI). Dans les tous prochains jours, une commission d’enquête diligentée par le SI descendra au Bénin pour la résolution de la crise.
L’entêtement et la mégalomanie de Yves Bankolé ont conduit à la suspension de la section Béninoise d’Amnesty International
Il faut noter que c’est suite à l’entêtement du Président soutenu par son secrétaire général que la décision de la suspension de la section a été prise ; car il était dit que le comité de crise mis sur pied par le père fondateur et dont ce même président fait partie devait faire des recommandations pour sortir la section de crise. A partir de ce moment il était tout à fait incompréhensible et incohérent de rejeter en bloc les recommandations d’un tel comité. La mégalomanie d’une jeune équipe assoiffée de pouvoirs, de grandeur et d’argent ne saurait l’emporter sur un mouvement international dont la vision est tout à l’opposé de ces pratiques. Ce que les militants reprochent surtout au Président Yves, c’est son incapacité à concilier les positions, à gérer les hommes, à unir les membres. Durant son mandat, il a travaillé à diviser la section, à trancher tous les problèmes par vote, faisant fi de la notion de consensus qui est primordiale à Amnesty. L’homme manque de tact et de doigté dans la gestion du capital humain. Sa capacité relationnelle est aux antipodes des valeurs d’amnesty. Le Président par son arrogance, a montré ses limites et ne saurait continuer d’être le porte-voix des milliers de militants acquis à la cause des droits humains. Ses prédécesseurs Mathias Ekpodessi, Grégoire Kpékpédé, Jean-Baptiste Gnonhoué, et Francis Dako n’ont pas dirigé de cette manière. Au contraire, leur intégrité et leur honnêteté a tout le temps primé sur les questions personnelles. Ils ont fait la fierté de la section béninoise.
Depuis 1990, on avait jamais eu de suspension au Bénin. Il est donc honteux que ce bureau ait conduit le Bénin à ce seuil si piteux. Vivement que la commission d’enquête vienne clarifier le paysage nébuleux de la section béninoise d’Amnesty Internationale afin qu’elle puisse renaître de ses cendres.
Ulrich Vital AHOTONDJI
